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Lumière sur...
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© Jean-Eudes Bazin

"Ce que peut le documentaire"

Entretien avec Fabrice PUCHAULT (Arte France)



À l’occasion de la rentrée d’Arte, Fabrice Puchault, nommé à la direction de l’unité Société et Culture d’Arte France en janvier dernier, s’est entretenu avec Film-documentaire.fr sur sa conception du documentaire à la télévision, la ligne éditoriale de l’unité et les perspectives de la chaine, notamment sur le plan du numérique.













Après avoir été producteur indépendant de documentaires, vous avez exercé au sein de l’unité documentaire de France 3 puis à la direction des programmes documentaires de France 2. Votre décision de quitter le groupe France Télévisions pour prendre la direction de l’unité Société et Culture d’Arte France s’inscrit ainsi dans une certaine logique. En quoi votre parcours a-t-il façonné votre vision du documentaire ?

Fabrice Puchault : Faire du documentaire sur une chaine de télévision, c’est se trouver au cœur d'une tension. Au sens où la singularité de l'objet documentaire ne répond qu'imparfaitement à la nature de l'industrie télévisuelle qui peut préférer des programmes plus aisément repérables dans la grille, comme la série par exemple. S'occuper de documentaire à la télévision c'est donc la mise en tension de deux « vocations » qui semblent contradictoires : le documentaire et la grille d'une chaine. Nos relations, entre auteurs, producteurs et diffuseurs, sont aussi des relations dialectiques. Nous ne sommes pas à la même place, nous n’avons pas les mêmes enjeux. En simplifiant à l'extrême : nous, nous les voyons comme des propositions au spectateur, à l’intérieur d’une grille ou d’une case, les auteurs et réalisateurs les pensent et les vivent comme une construction personnelle, intime, risquée. Chacune de ces positions est parfaitement légitime. Pour autant, ces contradictions ne peuvent être simplement abolies, l'une au profit de l'autre. Il s’agit de trouver les moyens de les dépasser. C’est cette dimension dialectique du travail qui m’intéresse. J’ai beaucoup aimé mon travail à France 2. J’aime profondément cette chaine qui fait un travail éditorial exceptionnel et qui s’adresse à chaque instant à des millions de personnes. Néanmoins, au bout d’un certain temps de travail et de réflexion autour des mêmes contraintes, il y avait un risque de sécheresse. Aller à Arte, c’était faire un « reset », m'enrichir. C’était le but : repartir et essayer d’envisager les mêmes enjeux différemment.
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