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Jean Mitry
© D.R.
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Né Jean-René-Pierre Goetgheluck Le Rouge Tillard des Acres de Presfontaines, le 7 novembre 1907 à Soissons, Jean Mitry est historien critique et théoricien du cinéma ainsi que réalisateur. En 1935, il fonde, avec Henri Langlois et Georges Franju, le Cercle du cinéma, qui devient rapidement la Cinémathèque française.

Soucieux de conserver la mémoire du cinéma – les copies, mais aussi la documentation –, il envisage la constitution d’un index universel du cinéma, qui fournirait la filmographie complète de chaque cinéaste, période par période. Dès lors, Mitry édifie tout au long de sa vie plus de cent mille fiches, concernant près de deux mille réalisateurs et couvrant presque un siècle de cinéma (1895-1980).

Rassemblée à travers trente-cinq tomes, sa Filmographie universelle est publiée par l’IDHEC de 1963 à 1972, puis par les Archives nationales du film de 1979 à 1988. Parallèlement, Mitry s’attèle à une monumentale Histoire du cinéma, qui recouvre le cinéma mondial de ses débuts jusqu’à l’aube des années cinquante ; débutée en 1934, mais publiée à partir de 1967 en cinq volumes, son Histoire est l’œuvre d’un cinéphile érudit, où le cinéma ne peut être appréhendé qu’à travers une vision globale, artistique mais aussi industrielle et économique.

Pour Mitry,"L’histoire doit désormais franchir l’examen des faits ou l’étude des oeuvres pour aborder celle des conditions et des intentions qui les ont permis ou suscités" (Histoire du cinéma, tome 1). Fondateur de la collection Classiques du cinéma, Mitry consacre également des monographies à Chaplin (Charlot et la fabulation chaplinesque, 1957 puis Tout Chaplin : l’œuvre complète par le texte et l’image, Éditions Atlas, 1987), John Ford, René Clair, Thomas Ince, S.M. Eisenstein..en tout 12 monographies sur des cinéastes Ne se limitant ni au commentaire critique ni à la biographie, il se dégage de ces travaux un souci théorique et une volonté d’esquisser une "psychologie de l’art".

Car l’œuvre clé de Mitry reste pour beaucoup les deux tomes de son Esthétique et Psychologie du cinéma. Reprenant tous les problèmes théoriques fondamentaux – le cinéma en tant que langage, la psychologie des mouvements de caméra et de la profondeur de champ, les notions de temps, d’espace, de réalité, les structures de l’image, etc. – développés par ses prédécesseurs – dont Arnheim, Balàsz, Cohen-Séat et Morin –, Mitry apporte un nouvel éclairage en développant une thèse anti-bazinienne qui écarte tout présupposé philosophique au profit d’une logique scientifique.[...]

Il a enseigné à l'Institut des hautes études cinématographiques (IDHEC) et à l'Université de Montréal puis à Paris I ainsi qu'à l'École Supérieure de Journalisme de Paris.

Alors qu'il était encore étudiant et fréquentait assidûment le Club des Amis du 7e Art, le jeune Mitry était déjà passionné par la traduction visuelle de la musique. Les expériences de cinéastes comme Walter Ruttman, Hans Richter et Germaine Dulac ne lui paraissaient pas concluantes : "Il n'y a jamais corrélation tonale ou rythmique entre les images et la musique. Celle-ci eut-elle été différente, les images auraient pu demeurer les mêmes sans que cela change quoi que se soit " (Jean Mitry). "Le problème consiste à associer dans l'esprit du spectateur, à la faveur d'un même développement rythmique, les chocs émotionnels produits par les images et par la musique, à faire en sorte qu'ils soient de même nature ou complémentaires dans leur production simultanée [...] De faire en sorte qu'on ne sache plus très bien si l'on entend des images ou si l'on voit de la musique "

Il avait songé, dès 1932, à mettre en images le poème symphonique, Pacific 231, d'Arthur Honegge. Ce n'est toutefois qu'en 1949 qu'il réalise ce film, récompensé au festival de Cannes par le prix du meilleur montage. En 1952, il participe au festival de Cannes pour le montage du court-métrage Le Rideau cramoisi d'Alexandre Astruc. En 1959, il réalise son seul long métrage, Énigme aux Folies Bergère.

(Source : Ciné-club de Caen)

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