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Chris Marker
© D.R.
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Romancier (Le Cœur net), essayiste (Giraudoux), critique, animateur, à ses débuts, Marker est devenu un globe-trotter ramenant du monde entier des photographies et des films d’une facture personnelle, qui ont surtout frappé au départ par la qualité et l’élégance du commentaire. Ses photographies ont fait l’objet d’albums (Coréennes, Le Dépays) et d’un film, Si j’avais quatre dromadaires.

Il a fait une incursion éblouissante dans la science-fiction avec un court-métrage devenu un film-culte, La Jetée (également publié en album). Il a été l’un des premiers utilisateurs du cinéma direct avec Le Joli Mai. Il s’est essayé avec lucidité au cinéma d’intervention dans les conflits sociaux en France tout en continuant de parcourir le monde.

De son œuvre foisonnante et secrète, on peut retenir, au-delà de sa réflexion sur des civilisations dont il tente de pénétrer la substance profonde, une obsession du temps comme donnée philosophique, associée à une analyse des rapports entre l’image et la mémoire. Ivens revenait toujours à la Chine, c’est au Japon que Marker a trouvé des affinités profondes, ce dont témoignent ses films les plus subtils (Le Mystère Koumiko, Sans Soleil), et des séquences allusives ou comparatives insérées dans d’autres films (L’Héritage de la chouette).

Marker fait du cinéma l’usage que faisaient de la littérature les écrivains français chroniqueurs et moralistes, de Voltaire à André Gide. Il assume la fonction la plus difficile du documentaire, et il a peu de concurrents. Solitaire, insaisissable, il apparaît, selon un mot prêté à William Klein, comme "un ermite électronique".

(Source : Le Documentaire un autre cinéma de Guy Gauthier).

+ Site de l'auteur(e)
+ Chris Marker par Agnès Varda
+ Portrait de Chris Marker par Louise Traon dans le n°44 de la revue "Astérisque" de la SCAM

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