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Hailé Gerima
© D.R.
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Hailé Gerima est né en 1946 à Gondar, au nord de l’Éthiopie. Il grandit sous l’influence des contes et  récits de sa mère, institutrice, et de sa grand-mère ainsi que sous celle de son père, écrivain et metteur  en scène de théâtre, ancien résistant au colonialisme italien. 

Après un bref passage au Creative Art Center de l’université Haïlé Sélassié, il quitte l’Éthiopie pour les  États-Unis, en 1968, pour suivre les cours de comédie de la Goodman School of Drama de Chicago. Il  dira y avoir fait pour la première fois l’expérience du racisme et s’y être confronté à la marginalisation  des Noirs et des minorités. Cette prise de conscience l’incite en 1969 à quitter Chicago pour Los Angeles. 

En ces années du mouvement pour les droits civiques, de contestation anticapitaliste et du Black Power,  Gerima entre à la Theater, Film and Television School de l’Université de Californie du Sud (UCLA), où les  enseignants Elyseo J. Taylor puis Teshome Gabriel mènent un cursus de cinéma spécifique à l’expression  des "minorités". Hailé Gerima y travaille avec ceux qui comme lui participeront à l’émergence du  cinéma afro-américain indépendant, plus tard appelés Los Angeles School of Black Filmmakers ou L.A. 
Rebellion, dont font notamment partie Charles Burnett, Larry Clack, Billy Woodberry, Julie Dash et Ben  Caldwell. Le cursus inclut la vision de films du Troisième Cinéma latino-américain et du cinéma moderne  africain et européen. 

Gerima réalise à UCLA deux courts-métrages, puis son premier long-métrage et film de diplôme Bush  Mama, ainsi que  La Récolte de 3000 ans, qui lui valent sa première reconnaissance internationale. Ces années que Gerima qualifie d’expérience "politique, démocratique, multiculturelle et multiraciale", sont celles du rejet du système hollywoodien et de ses stéréotypes narratifs, et du choix d’une radicale indépendance. Gerima s’installe à Washington en 1975 pour enseigner le cinéma à la Howard University, la grande université noire de la ville. Outre ses documentaires, il y développe Centres et  Braises (1982), qui ne trouvera aucun distributeur aux États-Unis. 

Il crée alors avec sa femme, la cinéaste Sirikiana Aina, la société de distribution Mypheduh Films dédiée au cinéma noir indépendant, puis la structure de production Negodgwad Productions. L’ambitieux  Sankofa  peine à trouver des financements, et malgré son succès international, essuie le refus parfois  hostile des distributeurs américains. La mobilisation de la communauté activiste et un travail de terrain opiniâtre en font un grand succès public. En 1996, Gerima ouvre à Washington, le centre culturel-café- librairie "Sankofa" au cœur du quartier afro-américain. Le très autobiographique Teza n’aboutira  en 2007 que grâce à des partenariats européens, avant de connaître une remarquable carrière  internationale. Hailé Gerima continue aujourd’hui de travailler à divers projets de films et conserve  intacte la farouche indépendance de toute sa carrière.

(Notice rédigée par le Jeu de Paume)

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