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Marcel Ophuls
© Rémi Lainé
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Nom Ophuls, prénom Marcel. Né le 1er novembre 1927 en Allemagne, fils unique du cinéaste Max Ophuls et de la comédienne Hilde Wall, Marcel Ophuls a connu une enfance itinérante dans un monde en plein chaos. La famille quitte l’Allemagne en 1933 à l’avènement du nazisme pour s’installer en France. En 1941, les Ophuls passent clandestinement les Pyrénées et rejoignent les USA via l’Espagne. Après un passage dans les GI, Marcel suit les traces de son père. Assistant-réalisateur, il travaille avec ce dernier, John Houston ou Julien Duvivier. Il passe à la réalisation avec Peau de Banane - 1963 puis Faites vos jeux Mesdames – 1965.


Ne rencontrant pas le succès escompté, il entre à l’ORTF où il rejoint, l’équipe de Alain de Sedouy et André Harris pour se consacrer au documentaire et "lutter contre la banalité de la télé". Après Munich 1938 la Paix pour cent ans, il signe en 1971 Le Chagrin et la Pitié qui remet en question la légende d’une France résistante durant la Seconde guerre mondiale. N’hésitant pas à se mettre en scène, interpellant ses interlocuteurs à l’image, il impose un style aux antipodes du cinéma-direct. Interdit d’antenne, Le Chagrin et la Pitié sort en salles. Il reste plus d’un an à l’affiche et attire 600 000 spectateurs. Il faudra attendre dix ans et l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981 pour que le film, une somme de quatre heures, soit diffusée sur FR3. Entretemps, Marcel Ophuls suit son chemin, celui des œuvres documentaires au long cours. Memory of Justice (1976), sur les lois de la guerre au fil des conflits du XXe siècle, puis Hotel Terminus, une biographie de Klaus Barbie qui lui vaut l’Oscar du meilleur documentaire en 1989. Après un film sur la chute du Mur de Berlin, November Days, il revient avec Veillée d’armes : installé à l’Holiday Inn de la ville de Sarajevo assiégée par les forces serbes, il suit l’épopée des reporters de guerre.

Toujours rétif aux contraintes de la télévision, tant en terme de format que de procédure de production, il signe pourtant en 2013 un film pour ARTE, Un Voyageur, ses "mémoires filmées", sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs du festival de Cannes. Marcel Ophuls a été distingué du Prix Charles Brabant pour l’ensemble de son œuvre, décerné par la SCAM en 2012.

(Notice rédigée par Rémi Lainé)


+ Portrait de Marcel Ophuls par Rémi Lainé dans le n°43 de la revue "Astérisque" de la SCAM

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