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Jean Benoît-Lévy
© D.R.
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Neveu d'Edmond Benoit-Lévy qui ouvre sur les grands boulevards, à Paris, en 1905, la première salle de cinéma non foraine, Jean Benoît-Lévy (1888-1959) poursuivra l'engagement en faveur du cinéma éducatif initié par son oncle.
Devenu dans l'entre-deux-guerres le cinéaste attitré de la Troisième République, il réalise principalement dans les années vingt, près de 400 courts, moyens ou longs métrages à des fins d'éducation populaire, commandités par les cinémathèques du ministère de la Santé, de l'Agriculture et de l'Enseignement professionnel.
Parmi cet ensemble prolifique, réalisé en seulement quinze années, plus d’une centaine de titres mettent en image des problématiques agricoles. Replacé dans son contexte ce corpus restitue le rôle des images, et plus particulièrement du cinéma, dans la vulgarisation des savoirs. Il permet également de questionner les modalités et les contenus privilégiés par l’État, par l’entremise de la cinémathèque du Ministère de l’agriculture, pour agir massivement sur les mentalités et les usages des populations rurales.
Il milite au sein d'institutions en lien avec la Société des Nations, comme l'Institut de coopération intellectuel, espérant faire du cinéma un agent d'éducation à visée humaniste.
Passant au long-métrage spectaculaire au début des années trente, ses films parfois co-réalisés avec Marie Epstein (la soeur de Jean Epstein), reprennent le plus souvent les problématiques des films précédents.
Obligé d'émigrer aux États-Unis sous l'Occupation, en raison de ses origines juives, il rejoint les intellectuels qui ont trouvé accueil au sein de la New School for Social Research et ont fondé l'École libre des hautes études, une université dont les diplômes sont reconnus par la France libre du Général de Gaulle.
Aux lendemains de la guerre, Jean Benoît-Lévy accepte des responsabilités à l’Organisation des Nations Unies, il ne rejoindra le territoire français qu'au début des années cinquante, pour mettre en scène vingt-cinq ballets filmés spécialement pour la télévision française.

"Le cinéma n’est pas un, il est multiple. Comme tous les arts, il comprend plusieurs genres. Il importe donc de les connaître, de les étudier pour les concevoir aussi bien que pour les apprécier." Jean Benoit-Lévy

(Source : Le Parisien)

+ Ouvrage Jean Benoit-Lévy ou le corps comme utopie