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Jacques Rivette
© D.R.
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1er mars 1928 - 29 janvier 2016.
Jacques Rivette fréquente assidûment la Cinémathèque française où il rencontre Eric Rohmer, Jean-Luc Godard et François Truffaut, avec lesquels il fonde en 1950 La Gazette du cinéma. Il devient ensuite critique cinématographique aux Cahiers du cinéma et collabore à la revue Arts.
Considéré comme le seul cinéaste de la Nouvelle Vague à poursuivre un travail d'expérimentation, Jacques Rivette est longtemps resté en marge des normes. Son approche très intellectuelle du cinéma, inspirée par son expérience de critique et de théoricien, traduit une réflexion sur la représentation, la fiction et son rapport équivoque au réel. Paris nous appartient (1958), son premier film, contient déjà les principales données que le cinéaste développe dans ses films ultérieurs : le thème du complot qui permet l'utilisation de structures narratives souples, les répétitions théâtrales, le mélange de l'improvisation et de la mise en scène, de la fiction et des séquences documentaires.
Jacques Rivette poursuit une carrière hors des sentiers battus en réalisant des films fleuves dans l'adversité : problèmes de censure (La Religieuse, 1965), films mal distribués ou jamais sortis en salles (Noroît, 1976 ; Out One, 1970). Sa conception paranoïaque et labyrinthique de la fiction, faite d'histoires à tiroirs, de jeux de pistes émaillés d'indices, voire de signes cabalistiques, débouche sur le fantastique. Céline et Julie vont en bateau (1973), Duelle (1975) et Le Pont du Nord (1980) explorent un Paris mystérieux et poétique, véritable théâtre d'investigations, de filatures et d'affrontements surnaturels, qui évoque le charme du cinéma de Louis Feuillade.
Cinéaste de la femme, Jacques Rivette fait la part belle à la personnalité de ses comédiennes et ne sépare jamais complètement leur identité d'actrice du personnage qu'il leur demande d'incarner. D'accès plus aisé, La Belle Noiseuse (1990) et Jeanne la Pucelle (1993) permettent enfin de populariser son oeuvre. Le premier est la synthèse du cinéma selon Jacques Rivette : une épure de près de quatre heures entre un peintre et son modèle, où l'illusoire quête de la perfection est entravée par leurs faux-semblants.
En 1995, Rivette change de cap pour pénétrer dans un secret de famille avec une comédie musicale, Haut bas fragile, qui ouvre la voie à Secret Défense (1997), tragédie familiale, tandis que Va Savoir (2000) est une interrogation sur l'amour et la création. Après l'étrange romance de L'Histoire de Marie et Julien (2002), Rivette revient à la dimension fantastique qu'il affectionne avec Ne touchez pas à la hache (2007), drame sentimental sur fond d'un XIXe siècle balzacien.

(source : La Cinémathèque)

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