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Regard
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Décès de Hugo Santiago

Hugo Santiago nous a quitté le 27 février dernier



Le grand cinéaste argentin, vivant à Paris depuis près de soixante ans, nous laisse dans une certaine mesure orphelin. Ce qui vient à l’esprit en parlant d’Hugo Santiago est une constellation de qualités rarement conjuguées à ce point. Sa façon de faire dialoguer son immense culture, sa rigueur acquise au contact de Bresson et son art du mouvement, du cadre, de la lumière, du son, laisse un sillage brillant et inspiré.

Quant à l’homme, son charme incroyable, son attention à l’autre, sa façon de dire "Alors tu en es où ?" pour vérifier que nous étions bien dans une dynamique comme lui l’était, toujours dans le désir de l’œuvre en cours, nous manquent déjà.
 
Il a porté à un point aujourd’hui encore indépassé la recréation de spectacles vivants. Ses adaptations pour ARTE (la SEPT à l’époque), entre autres des mises en scène d’Antoine Vitez d’Électre ou de La Vie de Galilée de Brecht sont des chefs d’œuvre d’écriture filmique. Son premier long métrage, Invasions est un jalon peu suffisamment connu de l’histoire du cinéma. Son travail de documentariste, plus discret, allait à la rencontre d’une de ses passions intimes, la musique, dans ses films Christophe Coin, le musicien, Maria Bethânia do Brasil ou des mondes intellectuels les plus inspirants, Maurice Blanchot.
 
Pour plusieurs d’entre nous, Hugo Santiago a été un maître. Nous garderons présent avec nous son enseignement, qui n’est pas seulement de l’ordre de la rigueur et de l’intelligence cinématographique, mais aussi d’une puissante et déterminée élégance créatrice.
 
 
Arnaud de Mezamat
 

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