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img © RIA Novosti / Sputnik - AFP

Koulechov, Vertov, Eisenstein...

Les pionniers du cinéma soviétique

L'École cinématographique soviétique des années 20 est caractérisée par son engagement politique, la conscience et la maîtrise théorique de sa pratique, ainsi que la volonté d'organiser des images-concepts signifiantes. Le montage est au centre des recherches formelles et futuristes. L'anti-esthétisme, la déconstruction et l'ambition de créer un romantisme de la rationalité capable de lier le sens de la vie au progrès scientifique et technique, les avant-gardes d'Octobre ont fourni la plupart des caractères dominants de la pensée cinématographique de l'Âge d'or.

C'est Lev Vladimirovitch Koulechov qui, dans son laboratoire de l'Institut technique du cinéma (le futur VGKI), a affirmé que le montage "au cinéma correspond à l'organisation des couleurs dans la peinture ou à la succession harmonique des sons dans la musique".

Dziga Vertov (1896- 1954), fondateur du ciné-œil (Kinoglaz), du cinéma-vérité (Kino-pravda) s'appuie sur la théorie de "la fabrication des faits". Il proclame la condamnation à mort de l'art :
"Le terme d'art est substantiellement contre-révolutionnaire."

Le film n'est plus drame mais discours. Discours qui doit structuré selon les règles de l'éloquence politique, poétique ou didactique.

Le plus célèbre d'entre eux, Sergueï Mikhaïlovitch Eisenstein (1898-1948), établit les bases du montage polyphonique avec, entre autres dans sa filmographie, l'œuvre polyphonique qui unit le thème plastique à la musique pour atteindre l'harmonie suprême, "l'orgasme de la révolution".

Les cinéastes révolutionnaires sont servis par les acteurs de la FEKS (1921-1931), fondé à Petrograd. Leur fracassant manifeste publié en 1922, Excentrisme, pose les bases de leur "art poétique" destiné à annihiler l'art bourgeois, à imposer les valeurs de la culture "basse" et à dissoudre l'art dans la vie.

Préparé par ces avant-gardes révolutionnaires, le réalisme socialiste est mis en place officiellement en 1934 lors du premier Congrès de la nouvelle "Association des écrivains et artistes soviétiques". Loin du romantisme révolutionnaire des débuts, c'est la norme et la légitimation du ralliement des artistes au pouvoir qui prédomine et organise la célébration du héros positif.

Explorant ainsi les racines du cinéma soviétique jusqu'aux années 30, 40 et 50, cette émission radiophonique interroge le parcours de ces grands cinéastes. Quel destin pour ces révolutionnaires du cinéma ? Ont-ils été avant tout des révolutionnaires politiques ? Comment ont-ils vécu la censure instauré dix jours à peine après le putsch de novembre 1917 ?

En visite dans les studios Aquarium à Saint-Pétersbourg, ou le studio Albatros à Montreuil en France, comment le cinéma russe s'est fabriqué chez lui et à l'étranger ?

Avec des lectures d'extraits d'entretiens avec Eisenstein, Youtkevich, Vertov, etc.

Diffusée une première fois en 1997, cette émission a été diffusée à nouveau dans Les Nuits de France Culture.
Elle est disponible en podcast.


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