film-documentaire.fr | PORTAIL DU FILM DOCUMENTAIRE

img img
Regard
img © Centre Pompidou

Amir Naderi et le cinéma moderne iranien

Du 5 avril au 17 juin 2018


Cinéaste avant tout, Amir Naderi est un personnage singulier de l’histoire du cinéma contemporain.
Né en 1945 dans le sud-ouest de l’Iran, il est l’auteur de plus de vingt films à ce jour, réalisés sur trois continents, présentés et primés dans de nombreux festivals internationaux. Le destin de l’homme est aussi puissant que son parcours de cinéaste. Pourtant sa (re)connaissance en France reste, aujourd’hui encore, confidentielle.
"J’ai l’impression de porter sur mes épaules tout le cinéma que j’aime, c’est un trésor, un cadeau, mais c’est lourd", confiait Amir Naderi, en 2016, aux Cahiers du cinéma.
C’est ce trésor que le Centre Pompidou propose de découvrir pour la première fois en France, à partir du 5 avril 2018, en présence d’Amir Naderi.

Nourri de films hollywoodiens, le cinéaste tourne, à 24 ans, son premier long métrage, Au revoir l’ami, qui flirte, dès 1969, avec le film noir. Il sortira en salles deux ans plus tard. On y découvre déjà la pâte de Naderi : des plans au plus près, un montage sec, un goût pour des personnages obstinés, dont la force aimante chaque plan et cloue le spectateur.

Suivre les errances des héros de Naderi, c’est partir à la rencontre du cinéaste tant chaque personnage semble être son double, chaque nouvelle histoire, une autobiographie à peine masquée. À partir de 1973, Amir Naderi signe avec Harmonica, quatre films parmi les plus beaux sur l’enfance : L’Attente (1974), suivi de ses deux chefs-d’œuvre : Le Coureur (1985) et L’Eau, le vent, la terre (1988).
Entre temps, dans l’urgence des événements qui déchirent l’Iran, la Révolution islamique de 1979 puis le début de la guerre contre l’Irak, en 1980, il réalise deux films documentaires devenus cultes, invisibles depuis plus de trente-cinq ans : La Recherche puis La Recherche 2, qu’il présentera au Centre Pompidou pour la première fois.
En 1989, le cinéaste s’installe aux États-Unis et poursuit ses obsessions dans une passionnante trilogie new-yorkaise : Manhattan by Numbers (1993), A,B,C… Manhattan (1997) et Marathon (2002), avant de filmer Cut au Japon, en 2011, puis La Montagne, en Italie, en 2016.

(Re)découvrir Amir Naderi, c’est aussi saisir l’importance de sa génération dans la modernité cinématographique iranienne. Aux côtés d’Abbas Kiarostami, dont le Centre Pompidou a présenté en 2008 l’intégralité de l’œuvre en sa présence et une importante exposition de ses installations et dont Naderi signait l’écriture du premier long métrage, Expérience, en 1973, mais aussi Sohrab Shahid-Saless, son modèle, Forough Farrokhzad, Parviz Kimiavi, Kamran Shirdel et quelques autres, Naderi érige l’expérimentation cinématographique contre tous les pouvoirs.

À travers un panorama de plus de vingt films, dont certains sortent pour la première fois du pays après des années de censure avec l’aide de nos partenaires iraniens, le Centre Pompidou présente une facette rare de ce "cinéma différent", dont l’acuité ne cesse de nous rappeler l’importance de la résistance des artistes et la force de leurs œuvres.

Serge Lasvignes
Président du Centre Pompidou




+ Consulter le programme complet en pdf
+ Site du Centre Georges Pompidou