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Regard
img © Opéra de Paris

La 3e Scène de l’Opéra de Paris



À travers des œuvres inédites, artistes et créateurs ouvrent l'univers de l'opéra et de la danse à de nouveaux regards.


Certains d'entre eux se sont prêtés au jeu de l'interview pour revenir sur leurs sources d'inspiration, leur regard sur l'art lyrique et chorégraphique et sur la place que peut occuper aujourd'hui l'Opéra à leurs yeux.




La banlieue chante

La 3e Scène de l’Opéra de Paris a donné carte blanche au réalisateur Jean-Gabriel Périot qui a signé De la joie dans ce combat. Documentariste incisif, interrogateur du monde contemporain, Jean-Gabriel Périot a tourné sa caméra vers un territoire inattendu.
De la joie dans ce combat met en scène les habitants de ces quartiers populaires qui participent à l’action "Une diva dans les quartiers", menée par la mezzo-soprano Malika Bellaribi-Le Moal. Ils inspirent au réalisateur l'idée d'un projet inédit : un livret écrit à partir de leurs témoignages et mis en musique. Une façon de leur offrir, à travers ce film, "leur" propre opéra. De la joie dans ce combat bouscule nos représentations à la fois du chant lyrique et de la banlieue et ses habitants. 

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+ Visionner l'entretien avec Jean-Gabriel Périot qui évoque la genèse du film, l’émouvante rencontre avec ces chanteurs ainsi que le pouvoir consolateur et émancipateur de l’art.    



Un Orchestre pour du silence

Jean-Stéphane Bron a réalisé Vers le silence pour la 3e Scène.
Il a arpenté les coulisses de l'Opéra de Paris pendant seize mois pour tourner le documentaire L'Opéra, sorti en 2017 dans plus de 15 pays. Cependant un territoire demeurait inexploré pour le réalisateur : celui de l'Orchestre. 
La 3e Scène de l'Opéra de Paris a donc invité le réalisateur à venir poser à nouveau sa caméra à l'Opéra Bastille. Vers le silence se concentre sur le travail de l'Orchestre lors des répétitions de la Symphonie n°9 de Gustav Mahler et montre la relation entre les musiciens et leur chef, Philippe Jordan, pour interpréter à la perfection le chant du cygne du compositeur viennois. 

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+ Visionner l'entretien avec Jean-Stéphane Bron qui évoque le charisme de Philippe Jordan, le regard dévorateur propre aux documentaristes et son expérience de la 3e Scène.    


Dansez, jeunesse

Danielle Arbid signe Le Feu au cœur pour la 3e Scène.
La 3e Scène de l’Opéra de Paris a invité la cinéaste à poser son regard sur l’événement "Fous de danse", fête multidisciplinaire et indisciplinée de la danse initiée par Boris Charmatz au Centquatre Paris. Le Feu au cœur est le film né de cette carte blanche.
Ce film est un accident, un miracle, une rencontre : la réalisatrice découvre ce jour-là de jeunes danseurs de hip-hop, élèves du Lycée Turgot à Paris, dont l’audace la captive et embrase la caméra. 

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+ Visionner l'entretien avec Danielle Arbid qui évoque l’inattendu et la beauté de cette rencontre, sa manière de filmer la danse ainsi que son rapport à l’opéra.    


À bout portés de Clémence Poésy
"Ça se fabrique (comment) la grâce ? Au départ, enfin juste après l’émerveillement de toujours, et l’émotion face à la perfection d’un ballet, il y a cette question - ou plutôt il y a l’envie, profonde, d’aller chercher, de regarder, de comprendre, peut-être, un peu de ce secret s’il existe. On fait des films pour saisir des mystères - pour aller chercher au plus près des êtres, un petit peu de leur essence, de leur complexité, de leur beauté… Comédienne, j’ai souvent observé des surprises infimes et merveilleuses sur les visages d’acteurs / compagnons de route une fois le film terminé. Nous avions joué des scènes ensemble - et tant de fois très proches - parfois même, nos peaux s’étaient touchées... Et pourtant, la caméra avait décelé quelque chose de nos personnages que nous ignorions nous-mêmes. Le gros plan est un monde - un révélateur d’âmes. La danse, je ne la connais que comme spectatrice - les danseurs que de loin. Ils m’impressionnent, me transportent, me troublent d’autant plus. Comment traverse-t-on cette transformation si physique - si concrète - de nature en culture ? De quoi faut il s’armer pour cette aventure ? La question qui est au centre du film, c’est cette contradiction qui m’enchante depuis toujours - toute forme d’art la soulève mais la danse l’expose de façon peut-être plus impressionnante, plus éclatante que les autres. Créer n’est ce pas maîtriser l’inexplicable ? Répéter l’insaisissable ? En observant à l’École de danse de l’Opéra national de Paris le travail de ceux qui construisent jour après jour leur "devenir" de danseurs et danseuses, est né le désir d’un regard qui laisserait hors-champ les corps qu’ils domptent chaque jour - ce qui sera après dans la lumière, sur scène - rendus magiques par un travail acharné. Le désir d’un film qui mettrait le gros plan au service de la "quête" que devient cet apprentissage. Scruter ce à quoi le spectateur des deux autres scènes de l’Opéra n’a pas accès. Et saisir peut être dans l’intimité d’un visage quelque chose de ce mystère là..."

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Suivez donc la mesure de Valérie Donzelli
"J’ai déjà filmé l’opéra Garnier et la danse dans mon film Main dans la main. Pour cette carte blanche, j’ai eu envie d’aller vers autre chose et d’essayer une forme différente de cinéma mêlant l’immobilité de la photo et le mouvement du film, avec une écriture d’abord sonore, en prise de son direct, très réaliste. Je voulais aussi mélanger les matières, faire se heurter le numérique et le super huit.
Je ne connaissais pas Jonas Kaufmann avant de l’avoir rencontré pour Suivez donc la mesure, je trouvais intéressant de faire le portrait d’un des plus grands ténor du monde, sans le connaître. C’est quand j’ai entendu sa voix que j’ai eu envie que le son soit le fil narratif du film et que j’ai décidé de le monter d’abord et l’image ensuite. Jonas Kaufmann est toujours en mouvement, alors je l’ai suivi. De là ce portrait intime d’un homme, de ses trajets, de son travail hors du commun qui fait jaillir la création de la technique ; du métro jusqu’à la scène."

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Le Lac Perdu de Claude Lévêque
Le Lac Perdu est une invitation au voyage, une déambulation onirique dans l’univers des Opéras Garnier et Bastille. L’artifice et l’éphémère du spectacle sont mis en perspective dans une œuvre lumineuse et inquiétante. Pour la 3e Scène de l’Opéra de Paris, Claude Lévêque reprend le temps d’un film les perturbations sensorielles à l’œuvre dans ses dispositifs.

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Giselle : The Walking Landscape de David Luraschi
Le film rend hommage à ceux qui fabriquent dans l'ombre. Le titre du film signifie en anglais le paysage qui marche. Ce paysage est une peinture de 26m x 14m de haut, il s’agit de la toile de fond de l’acte 1 du ballet Giselle d’Adolphe Adam. 
Le film suit le voyage de la fresque effectué à pied par 24 machinistes comme le faisait leurs grands anciens. Le trajet débute aux Ateliers Berthier où la peinture a été réalisée par trois peintres pendant six semaines, et se termine sur la scène du Palais Garnier où elle est accrochée sous une porteuse.

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Et bien d'autres films à découvrir sur le site de la 3e Scène de l'Opéra de Paris...

+ Site de La 3e Scène
+ Consulter Octave Magazine, le magazine en ligne de L'Opéra de Paris


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Les Rencontres d'Arles donnent carte blanche à la 3e Scène de l'Opéra de Paris qui explore, à sa manière, de nouvelles relations aux images grâce à sa 3e Scène.
Trois artistes de la 3e Scène sont invités à diffuser leurs films en continu durant l’exposition qui se tiendra du 2 juillet au 26 août 2018 à l’Eglise Saint-Blaise d'Arles.

Au programme :

• Le réalisateur Apichatpong Weerasethakul – Palme d’Or au Festival de Cannes en 2010 pour son film Oncle Boonmee, présentera en avant-première mondiale sa nouvelle œuvre Blue tournée pendant 11 nuits au cœur de la forêt thaïlandaise.

Clément Cogitore présentera son film Les Indes galantes, récompensé par le Prix du Public et la mention du Jury Télérama au Festival de Clermont-Ferrand 2018, et le Prix UNIFRANCE du court-métrage 2018.

• Stéphanie Solinas, actuellement pensionnaire à la Villa Médicis, reviendra aux Rencontres d’Arles après son exposition La Méthode des lieux présentée en 2016. Elle proposera sa première réalisation cinématographique Ne me regarde pas, récompensée par le Prix de l’Œuvre Expérimentale 2018 de la SCAM.


+ Site des Rencontres d'Arles