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Serge Daney

Les Nuits de France Culture



À la fin de son dernier texte publié dans Trafic, la revue qu’il fonda en 1991, Serge Daney écrivait ceci :

"Ce monde qui ne me révolte plus, qui ne provoque en moi que lassitude et inquiétude, est très exactement le monde « sans le cinéma ». C’est-à-dire sans ce sentiment d’appartenance à l’humanité à travers un pays supplémentaire, appelé cinéma.

Et le cinéma, je vois bien pourquoi je l’ai adopté : pour qu’il m’adopte en retour. Pour qu’il m’apprenne à trouver inlassablement du regard à quelle distance de moi commence l’autre."


En décembre 1991, quelques mois avant sa mort, Serge Daney racontait à Noël Simsolo l’histoire de cette adoption mutuelle dans une série de cinq entretiens pour l'émission À Voix Nue.

Dans les deux premiers volets, il évoquait son enfance parisienne, les figures imaginaires qui peuplèrent cette période, le choc de la découverte de Hiroshima mon amour et de Nuit et Brouillard, puis la cinéphilie, et l’importance fondamentale d’un texte de Rivette paru en juin 1961 dans les Cahiers du cinéma, qui portait sur Kapo, le film de Gillo Pontecorvo qu’il ne vit jamais.

C’est l’itinéraire recomposé d’un ciné-fils qu’il raconte, et son récit est d’autant plus émouvant qu’il est repensé à la lumière d’une vie dont il savait alors la fin proche.


Sur son enfance :

"J’ai grandi dans cette France, ce Paris de la Bastille et de la place Voltaire, qui n’était pas encore place Léon Blum, et cette flopée de cinémas de quartier – qui ont quasiment tous disparu – qui étaient la destination normale vers laquelle on allait dès qu’on sortait de chez soi."


Dans le cadre des Nuits de France Culture, les deux premiers volets de cette série d'entretiens ont été rediffusés et sont disponibles en podcast.


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