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Regard
img © D.R.

Festival international
Jean Rouch

Du 2 novembre au 3 décembre 2018 - Paris


Le Festival convie passionnés, curieux et néophytes autour du cinéma ethnographique.
Il propose chaque année une programmation originale composée d’une compétition internationale dédiée aux réalisations actuelles et des séances spéciales.

Pour cette 37e édition, les séances spéciales s'attachent à faire découvrir ou redécouvrir le travail singulier d'anthropologie politique, philosophique et poétique du cinéaste belge Pierre-Yves Vandeweerd, de même elles rendent hommage à la figure pionnière et majeure en ethnomusicologie française qu'à été Gilbert Rouget en revenant sur ses liens avec le cinéma scientifique et ses relations avec Jean Rouch, comme au travail de création de la cinéaste humaniste et engagée Yannick Bellon à partir d'une sélection de ses films.


Chaque projection est suivie d’un débat pour explorer le geste documentaire sur le réel par la variété des situations filmées, la multitude des possibles de la restitution, la pluralité des points de vue cinématographiques et ethnologiques, le parcours des cinéastes, afin d’accroître le regard et la réflexion des spectateurs.

Ces rendez-vous sont des lieux vivants, de découverte, d’émerveillement, d’échanges des savoirs cinématographiques et scientifiques.

Parmi les 740 films reçus, 26 ont été retenus pour la compétition internationale :

After / Life de Puck Lo
Les Airs sauvages - Basahaideak de Elsa Oliarj-Inès
Alle de tranen de Sarah Vanagt
Aperti al pubblico de Silvia Belloti
Après l'ombre de Stéphane Mercurio
Atomkraftwerk Zwentendorf de Hope Tucker
Ceres de Janet van den Brand
Château Pékin de Boris Pétric
El silencio es un cuerpo que cae de Agustina Comedi
Filles du feu de Stéphane Breton
I Watched the White Dogs of the Dawn de Els Dietvorst
Je vois rouge de Bojina Panayotova
Letters de Jéro Yun et Marte Vold
Le Loup et les Sept Chevreaux de Elena Gutkina et Genrikh Ignatov
Mallé en son exil de Denis Gheerbrant
Ni d'Ève, ni d'Adam - Une histoire intersexe de Floriane Devigne
Pastorales électriques de Ivan Boccara
The Remnants de Paolo Barberi et Riccardo Russo
Sa Palad ng Dantaong Kulang de Jewel Maranan
Sangharsh, le temps de la lutte de Nicolas Jaoul
Tarling is Darling de Fahmi Lubish
Une maison au bord du monde de Pascal Cesaro
Vacas e Rainhas de Laura Marques
Zawawa: the Sound of Sugarcane in the Wind de Rupert Cox, Angus Carlyle, Kozo Hiramatsu et Atsushi Nishimura
Zi Hua Xiang: 47 Gong Li Si Fen Ke Si de Zhang Mengqi
Zirdziņ, hallo! de Laila Pakalniņa


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Du 12 au 15 novembre, la programmation Regards Comparés sera consacrée à la Sibérie.

Des frères Lumière à la lumière du Nord.

Un an après la première séance publique payante du cinématographe Lumière au Salon Indien du Grand Café de Paris, la Sibérie découvre à son tour le cinéma.
En effet, Fedot Makhotine acquiert un appareil des frères Lumière à l’exposition panrusse de Nijni-Novgorod, en 1896, et entreprend, aussitôt son retour à Novo-Nikolaevsk (act. Novossibirsk), une tournée dans les villes de Sibérie avec son cinématographe, quelques courts-métrages et une ménagerie… grâce au Transsibérien notamment, à partir de 1907 !

Comme le montre l’épopée locale du cinématographe, la Sibérie a longtemps été un espace culturel ouvert, loin de la seule image de désert ou de désolation qui a souvent prévalu dans la littérature et les esprits. Nombre de Sibériens sont issus de communautés marginalisées par l’histoire russe, mais aussi de l’espace infini où il leur a fallu trouver leur place : autochtones composant avec la conquête et la "colonisation" de leur univers ; vieux-croyants en quête d’une terre libre de toute persécution religieuse et inaccessible à l’Antéchrist et ses anges déchus (le tsar et ses fonctionnaires) ; colons fuyant le servage ou la collectivisation ; opposants faisant figure d’ennemis de la Couronne ou d’"ennemis du peuple", etc…
Ces deux composantes essentielles de la façon sibérienne d’être au monde expliquent en partie l’esprit libre et la force que l’ont ressent souvent à travers nombre de ces portraits croisés dans les toundras, les taïgas et les villes.

En partenariat avec l’Inalco pour la sixième année, ces Regards comparés du Festival Jean Rouch, veulent partager un peu de cette contrée qui bouleversait l’écrivain sibérien Nikolaï Polevoï et son héroïne : "Amalia quitta sans regret la Crimée en fleur, et son âme, par contraste, sembla s’éveiller en Sibérie. Les sombres forêts, les montagnes sauvages, les steppes infinies, les fleuves semblables à des mers, les dix soleils dans le ciel d’hiver, la canicule de l’été sibérien, la simplicité, la bonhomie des habitants, la pensée qu’elle vivait au bout du monde, dans les profondeurs de l’Asie, les rapides contrastes du climat, de l’hiver et de l’été : tout cela charmait Amalia. Le pays de Crimée, épuisé par la luxuriance de sa nature, ne pouvait insuffler à Amalia des impressions aussi fortes et des sentiments aussi vifs".

Un seul regret : ne pouvoir tout vous montrer.

Toute l’équipe du festival vous souhaite de bons Regards Comparés 2018 : Lumière sur la Sibérie !

D. SNdC, maître de conférences en études sibériennes, Inalco, 28 septembre 2018


Самодийский дневник de Dmitry Arzyutov
Lettre de Sibérie de Chris Marker
Norilsk, l’étreinte de glace de François-Xavier Destors
Les Âmes dormantes de Alexander Abaturov
Goulag de Hélène Châtelain et Iossif Pasternak
Кораль de Vladimir Evaldovitch Eisner
Книга тундры: Повесть о Bуквукае – маленьком камне de Aleksei Vakhroushev
Isa, poeg ja Püha Toorum de Mark Soosaar
24 снега de Mikhail Barynin
Sukunsa viimeinen de Anastasia Lapsui et Markku Lehmuskallio
Seitsemän laulua tundralta de Anastasia Lapsui et Markku Lehmuskallio

Une rencontre avec Anastasia Lapsui et Markku Lehmuskallio est également prévue.


+ Consulter le programme complet en pdf
+ Site du Festival international Jean Rouch
+ Site du Comité du film ethnographique