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Regard
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Les Écrans documentaires

Du 7 au 13 novembre 2018 - Arcueil



Depuis trois éditions maintenant, d’un festival qui en compte vingt-deux, nous nous adaptons à la fragilité de notre situation. Nous ne nous en satisfaisons pas malgré la volonté farouche et renouvelée de montrer, d’accompagner les œuvres, là où nous sommes.


Nous ne déplorons aucun isolement ou "traitement de défaveur" tant les nouvelles régulières de structures menacées, de lieux de programmation en phase de fermeture, d’associations en difficulté, nous rappellent que nous connaissons un quotidien et des temps à venir communs.


Pour autant, nous ne bouderons pas notre plaisir à proposer aux publics les quelques quarante séances de cette programmation 2018.



Le film de Samuel Bigiaoui 68, Mon père et les Clous que nous présentons en ouverture n’est pas une célébration, cinquante ans après, du printemps 1968. Il est le portrait d’un homme dont l’activisme et les convictions, nés à cette époque, ont investi sous une autre forme, un lieu de passage devenu emblématique. Dans ce petit magasin contraint à fermer, employés et habitués animent les conversations de journées ordinaires, et témoignent de cinq décennies d’Histoire française.

Autre figure du père, celle proposée par Talal Derki dans Of Fathers and Sons, présenté en avant-première. Infiltré au cœur des conflits syriens, le réalisateur y saisit l’engagement armé d’un chef de famille, gradé historique d’Al-Nusra. Ses fils, promis aux combats et à la mort pour la plupart d’entre eux, sont les enfants d’une génération sacrifiée dans une guerre sans issue, et dont se détourne l’occident.

En Égypte, l’amour paternel ne subsiste qu’à travers les archives vidéo des premiers anniversaires d’Amal de Mohamed Siam (également en avant-première). Chronique d’une adolescente au caractère vif et en quête d’indépendance, le film est aussi le portrait d’une jeunesse qui espère, et tient pour repère les révoltes du Printemps arabe.

Présenté en clôture, Quelle folie, de Diego Governatori, s’affranchit du temps et nous mène à la rencontre d’Aurélien qu’un syndrome d’Asperger conduit à une pensée en développement permanent. Avec une infinie justesse de sens dans les mots, le jeune homme nous fait oublier qu’il est souvent au bord de l’envahissement et que son trouble l’exclut du monde. Les frontières éminemment poreuses – nous semble t-il alors – du syndrome, nous renvoient à nos formes de pensée et à nos propres affres.

Dans sa majeure partie, notre sélection 2018 se fait l’écho des récits de peuples ou de personnes détenus, astreints, en exil, mais aussi de lieux d’existences affirmés, défendus, ou en reconstruction. Autant de films dans lesquels, cette année, le recueil de la parole, qu’il soit de l’ordre du témoignage ou de l’échange occupe une place essentielle.

Le film d’Evangelia Kranioti Obscuro Barroco, présenté en séance spéciale, aborde, lui, à Rio de Janeiro, la notion de métamorphose chez l’individu et dans le groupe, à l’heure où la ville est gagnée par la stigmatisation des transsexuels et les contestations politiques.

Notre partenariat avec le Musée d’Art Contemporain du Val-de-Marne se poursuit cette année. Il donne lieu à deux volets regroupés sous l’intitulé "Sidérer, considérer". Consacrés à l’hospitalité, les films et rencontres sont un rebond et un prolongement en lien avec les expositions transdisciplinaires de l’institution.

Safia Benhaïm, accueillie par le passé aux Écrans Documentaires, est l’invitée de notre journée-rencontre "Le Réel halluciné", et imaginée comme un temps d’échange prolongé, suite à la projection de ses films L’Arrière-pays et La Fièvre, pour aborder avec elle ce qui alimente son travail de cinéaste, matériaux à l’appui.

Deux séances sont à nouveau consacrées au rapport musique et cinéma dans le cadre de notre seconde année de partenariat avec La CLEF à Saint-Germain en Laye. La voix en est le fil rouge dans des registres aussi variés que l’Opéra, le punk-rock ou encore la performance.

La section "My country is cinema" revient sur les cinéastes Artavazd Pelechian et Arthur MacCaig, ainsi que la productrice Inger Servolin à travers trois portraits : trois "lettres" adressées par leurs auteurs à des figures engagées du cinéma documentaire.

Nos séances à destination des jeunes publics s’étendent à de nouveaux établissements tout comme nos séances Hors-les-murs qui se déploient sur différents lieux du Val-de-Marne jusqu’à début décembre.

Enfin, nous rendons hommage à Axel Salvatori-Sinz qui travaillait régulièrement à nos côtés sur la programmation des Écrans Documentaires depuis 2011. Auteur du film Les Chebabs de Yarmouk, il était aussi un ami. Disparu en tout début d’année, nous lui consacrons une séance avec la projection de son dernier film Chjami è Rispondi dans lequel il entreprend un long processus de réconciliation avec son père.

Manuel Briot, pour l'équipe des Écrans Documentaires



Depuis 2013, la section compétitive des Écrans Documentaires est ouverte aux premières et secondes œuvres.
8 films composent la sélection 2018 :

Angkar de Neary Adeline Hay
Le cri est toujours le début d'un chant de Clémence Ancelin
De cendres et de braises de Manon Ott
De Chatila nous partirons de Antoine Laurent
Enfermés mais vivants de Clémence Davigo
La Grieta de Irène Yagüe Herrero et Alberto García Ortiz
Nulle part avant de Emmanuel Falguières
Ours Is a Country of Words de Mathijs Poppe


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