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Regard
img © La Cinémathèque de Toulouse

Cinéma direct, l’école québécoise

Du 10 avril au 25 mai 2019 - La Cinémathèque de Toulouse


Un autre cinéma possible. C’est l’idée qui agitait une frange de cinéastes à la fin des années 1950, début des années 1960. Un autre cinéma possible, c’est à dire une approche différente du réel. Comment l’enregistrer le plus justement possible et comment interagir avec, ou agir sur, lui. Une question primordiale, au-delà du réalisme ontologique que défendait Bazin. Comment représenter le réel ? Et quand bien même, quel réel le cinéma peut-il représenter ? Des questions qui sont à la base de toute réflexion sur le cinéma et qui ne supportent toujours aucune réponse définitive.

C’est ce que l’on a eu appelé cinéma-vérité en France et dont on situe l’origine dans Chronique d’un été (1961) de Jean Rouch et Edgar Morin. Un film matriciel au générique duquel on retrouve un certain Michel Brault, opérateur et cinéaste québécois. Ce qui n’est pas un hasard, le cinéma québécois ayant amorcé le virage le premier.

Né au cinéma documentaire et infiltrant le cinéma de fiction, le cinéma direct développé par les cinéastes québécois de l’ONF (l’Office national du film du Canada) est un jalon important de ces réflexions et une tentative d’y répondre qui portera sur toute la production cinématographique qui suivra. Ou comment, à la question : la vérité est-elle fabriquée ?, des cinéastes ont répondu : la vérité est dans la fabrication.

La première réponse est mécanique et on la doit à Michel Brault qui a mis au point un système de synchronisation entre un Nagra et la fameuse 16 mm Éclair-Coutant. Légèreté, mobilité et son synchrone. Une véritable révolution copernicienne pour le documentaire, dont on a du mal aujourd’hui à imaginer l’impact, et qui a complètement bouleversé le cinéma dans son rapport au réel, à la fois pratique et théorique. Une révolution copernicienne qui va ouvrir une nouvelle écriture cinématographique dont l’esthétique ne peut être départie d’un rapport politique au monde.

Une programmation montée en collaboration avec la Cinémathèque québécoise – dont Guillaume Lafleur, son directeur de la diffusion et de la programmation, nous fait l’amitié de sa présence – et en partenariat avec l’ONF.
Et prolongée par une rétrospective de Jean-François Caissy (qui nous fait également l’amitié de sa présence), documentariste contemporain dont le travail s’inscrit dans le prolongement de ce fameux cinéma direct.
Des racines à ses ramifications, retour sur une école essentielle du cinéma.

Franck Lubet, responsable de la programmation



Un programme de longs et de courts métrages est proposé pendant ce cycle :

À tout prendre de Claude Jutra (1963)
À votre santé de Georges Dufaux (1974)
L’Acadie, l’Acadie ?!? de Michel Brault et Pierre Perrault (1971)
La Belle Visite de Jean-François Caissy (2009)
La Bête lumineuse de Pierre Perrault (1982)
Le Chat dans le sac de Gilles Groulx (1964)
Le Direct avant la lettre de Denys Desjardins (2005)
La Marche à suivre de Jean-François Caissy (2014)
On est au coton de Denys Arcand (1970)
Premières armes de Jean-François Caissy (2018)
Pour la suite du monde de Michel Brault, Marcel Carrière et Pierre Perrault (1963)
Prologue de Robin Spry (1969)
Le Règne du jour de Pierre Perrault (1967)
Le Révolutionnaire de Jean-Pierre Lefebvre (1965)
La Vie heureuse de Léopold Z de Gilles Carle (1965)

Courts métrages :
À Saint-Henri le cinq septembre de Hubert Aquin (1962)
L’Anse tabatière de René Bonnière (1960)
Bientôt Noël de Georges Dufaux, Terence Macartney-Filgate, Stanley Jackson et Wolf Koenig (1958)
Les Bûcherons de la Manouane de Arthur Lamothe (1962)
Félix Leclerc troubadour de Claude Jutra (1958)
Golden Gloves de Gilles Groulx (1961)
La Lutte de Michel Brault, Marcel Carrière, Claude Fournier et Claude Jutra (1961)
Printemps de René Bail (1958)
Les Raquetteurs de Michel Brault et Gilles Groulx (1958)
Le Train du Labrador de Arthur Lamothe (1967)


Le 17 avril 2019 se déroulera une rencontre avec Guillaume Lafleur, Directeur de la diffusion et de la programmation à la Cinémathèque québécoise et les 15 et 16 mai 2019, le cinéaste Jean-François Caissy présentera trois de ses films.


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