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img © Leemage - AFP

Georges Franju dans l'émission "Connaître le cinéma"

Les Nuits de France Culture



En 1969, dans l'émission Connaître le cinéma, le cinéaste Georges Franju racontait sans langue de bois son cinéma, il revenait également sur la création de la Cinémathèque avec Henri Langlois et sur l'importance du court métrage français.



De La Tête contre les murs de Georges Franju, sorti en 1959, Jean-Luc Godard écrivait dans Les Cahiers du cinéma : ‎"Comme on dit l’amour-fou, du premier long métrage de Franju, on dira : le cinéma-fou. La Tête contre les murs est un film de fou sur les fous. C’est donc un film d’une beauté folle".

Fou Franju ? Ce n'est peut-être pas ce que l'on entend de l'auteur du Sang des bêtes, de Judex et des Yeux sans visage à l'écoute de l'émission que lui consacrait Connaître le cinéma en 1969. Plutôt l'expression cinglante du fort caractère, pour le moins, de l'un des cinéastes les plus passionnants de l'après-guerre.

Au cours d'un entretien tonique, il parlait de ses films courts et longs, de sa conception du cinéma et, sans pitié mais fringant, exécutait au passage les curés, les flics, les militaires, les critiques, Orson Welles et quelques autres :

"Je n'ai pas le respect ni du clochard ni de la putain et je suis d’extrême-gauche. À ce propos je n'ai jamais connu de putain tendre et de clochard philosophe. Ce sont des choses qui n'existent pas. (…) Dans tous les personnages de François Mauriac le personnage le plus indigne est le personnage de l'homme qui croit. Il y a deux personnages chez François Mauriac, celui qui croit et celui qui doute. Moi je crois à celui qui doute."

De la "Nouvelle Vague" il disait :

"Il n'y a pas de "Nouvelle Vague" et je la conteste. Il n'y a pas de "Nouvelle Vague" dans le long métrage, par contre il y en a une dans le court métrage, nous étions plusieurs, il y avait Resnais, il y avait Fabiani, notre ami Mitry, Yannick Bellon, mon ami Georges Rouquier. Et ça c'était une vague, c'était un courant car le documentaire français était prestigieux."

À propos de La Tête contre les murs :

"Quand Maurice Germain dit "La Tête contre les murs c'est le premier film Nouvelle Vague", je ne comprends pas, moi je ne savais pas ce que cela voulait dire à l'époque, d'ailleurs je ne sais toujours pas ce que cela veut dire… Sauf que cette vague a reculé et qu'elle n'a donné que des épaves !"

Cet entretien, rediffusé dans les Nuits de France Culture, est disponible en podcast sur le site de France Culture.

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