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Regard
img © Ronald Curchod

Rencontres Cinélatino

Initialement prévu du 20 au 29 mars 2020 - Toulouse

Festival annulé.


Depuis plus d’un an, de nombreux pays d’Amérique latine sont agités par des mouvements sociaux de grande ampleur et connaissent des bouleversements de la vie politique. Les manifestations de rue ont été ou sont encore massives au Chili, en Colombie, en Équateur. Le Brésil a destitué par la voie judiciaire Dilma Rousseff et emprisonné l’ex-président Lula pour pouvoir élire un président d’extrême droite. En Bolivie, la droite raciste a renversé Evo Morales ; au contraire, l’Argentine a reconduit au gouvernement les péronistes, mais le Mexique d'AMLO est toujours traversé par une violence devenue endémique…

Quelles sont les conséquences de tous ces mouvements sociopolitiques de fond sur la production, la diffusion et le contenu des œuvres cinématographiques ? Face à la concurrence des plateformes aux puissants moyens, telles que Netflix, Fox rachetée par Disney, Apple et Warner et d’autres à venir, les aides publiques telles qu’elles existent en France, quelles que soient leurs formes, sont décisives pour défendre le cinéma d’auteur et la diffusion de ces œuvres en salle. Ces quinze dernières années, de nombreux pays latino-américains se sont dotés de lois d’aide au cinéma, à sa production et sa diffusion, qui ont permis l’émergence d’œuvres d’une nouvelle génération de cinéastes formés dans des écoles elles aussi nouvelles dans les pays du sud du continent. Ce mouvement culturel va-t-il s’éteindre menacé par un double danger ?

1- Ce qui est déjà prouvé par les faits c’est que les droites néolibérales, évangélistes ou plus radicalement fascistes n’aiment pas l’art en général, et le cinéma en particulier, et ont supprimé toutes les aides publiques directes, ou sous forme de crédit d’impôt. Le Brésil de Bolsonaro en est l’exemple le plus radical et incendiaire.

2- Le mode de production des plateformes qui privilégie le résultat commercial et financier a priori à travers ce qu’elles nomment IP pour intellectual properties fonctionne à l’inverse de la création artistique : étudions ce qui va séduire le public, ce qui va marcher (avec un bureau d’étude adéquat avant le scénariste et le producteur), et fabriquons-le avec de gros moyens et si possible, un bon réalisateur (l’article de Thomas Sotinel dans Le Monde du 3/01/2020 analyse en détail les mécanismes en œuvre). Quelques grands auteurs du cinéma en ont profité, y compris des latino-américains. Mais la normalisation consommatrice risque d’être au bout du chemin !

Cinélatino vous montre la richesse de la production récente, dont les films sont autant d’actes artistiques de résistance.

Francis Saint-Dizier, Associations Rencontres Cinémas d'Amérique latine de Toulouse (ARCALT)


7 longs métrages documentaires sont en compétition :

Baracoa de Pablo Briones (Suisse, États-Unis, Espagne)
Lapü de Juan Pablo Polanco et Cesar Alejandro Jaimes (Colombie)
Mapa de sueños latinoamericanos de Martín Weber (Cuba, États-Unis, Mexique, Norvège)
Para onde voam as feiticeiras de Eliane Caffé, Carla Caffé et Beto Amaral (Brésil)
Pirotecnia de Federico Atehortúa Arteaga (Colombie)
Sete anos em Maio de Affonso Uchôa (Brésil, Argentine)
Un grito en el silencio de Priscila Padilla (Colombie, Bolivie)


Dans la section "Découvertes documentaires" :

Antônio & Piti de Vincent Carelli et Wewito Piyãko (Brésil)
Apurimac. El dios que habla de Miguel Mato (Argentine)
Cachada de Marlén Viñayo Santos (Salavador)
Caperucita roja de Tatiana Mazú González (Argentine)
Chili 1973, une ambassade face au coup d'État de Carmen Castillo (France)
Dios de Christopher Murray, Israel Pimentel et Josefina Buschmann (Chili)
El Negro, crónica de un fugitivo de Sergio Castro San Martín (Chili, France)
Estou me guardando para quando o Carnaval chegar de Marcelo Gomes (Brésil)
Fé e Furia de Marcos Pimentel (Brésil)
A jangada de Welles de Firmino Holanda, Petrus Cariry (Brésil)
Malamadre de Amparo Aguilar (Argentine, Uruguay)
A media voz de Patricia Pérez Fernandez et Heidi Hassan (Cuba, France, Suisse, Espagne)
Oblatos, el vuelo que surcó la noche de Acelo Ruiz Villanueva (Mexique)
Une vie meilleure de Grégory Lassalle (France)


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