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img © Xavier Leoty - AFP

Frederick Wiseman

Les masterclasses de France Culture

 
Frederick Wiseman est un cinéaste qui œuvre à montrer les hommes vivant ensemble, au travers d'un portrait social de grandes institutions : hôpital pour aliénés criminels de Bridgewater dans Titicut Follies en 1967, un centre de recherches qui pratique des expérimentations sur les singes de Yerkes dans Primate en 1974, le centre d'aide sociale de Waverly à New York dans Welfare en 1975, ou la National Gallery de Londres dans National Gallery en 2014.

Frederick Wiseman choisit un espace social délimité et y filme ses occupants ainsi que ceux qui y travaillent. Il filme également tous les rituels sociaux qui s'y jouent. Le lieu devient un cadre à la fois géographique et cinématographique, il observe et tente de comprendre comment l'ordre s'établit, comment l'on y résiste, comment se formalise la violence, comment s'opère la transmission et aussi comment se met en scène et se joue la vie démocratique aux États-Unis (principalement, même si Frederick Wiseman a aussi tourné en France, en Angleterre ou en Allemagne entre autres).

À peine diplômé en droit au milieu des années 1960, Frederick Wiseman décide de se tourner vers le cinéma et particulièrement vers le documentaire.  

"Pour tourner des films de fiction, on a besoin de beaucoup plus d’argent que pour faire des documentaires. On doit traiter avec l’industrie en général, alors que pour les documentaires, je sais comment trouver l’argent. Et il y a tant de bons sujets ! Je trouve l'exercice plus intéressant car, contrairement à la fiction, on ne peut tourner qu'une fois et, si on est chanceux, les sujets nous tombent dessus !"

L'entretien mené par Antoine Guillot s'attache principalement à décrypter Welfare, une plongée de 2h42 dans les bureaux d’aide sociale de la ville de New York en 1975.

"Tout ce qu'il y a dans ce film relève de choix. En premier, c'est le titre et sa typographie. Dans le cas de Welfare, j'ai choisi une typographie élégante, en contraste avec les éléments violents du film. La séquence de la photographie est une chose littérale et nécessaire. Dans cette session, je montre des noirs, des blancs, des chinois, des gens de toutes origines. La scène sur les photos d'identité est nécessaire et donc littérale. Mais il y a plein d'autres idées qui sont suggérées dans ces images, notamment les rouages injustes du système américain."

"Je lis beaucoup. Je crois que mes films sont davantage liés aux romans que je lis qu’au journalisme ou aux actualités. Je fais en sorte que le film soit un reflet d'une certaine ambiguïté que je relève. Mes films ne sont pas idéologiques. Je n’ai jamais trouvé une explication idéologique qui explique tous les événements si complexes et ambigus que je rencontre."

"J’ai une grande responsabilité dans ma manière de montrer les gens dans mon cinéma et de ne pas tordre les choses."

+ Écouter la masterclasse de Frederick Wiseman en podcast


Cette masterclasse fait partie d'une collection de grands entretiens de référence sur la création culturelle dans tous les domaines : littérature, cinéma, arts de la scène, arts plastiques, architecture… Pour mener ce projet hors norme, France Culture s’est associée avec plusieurs grands partenaires. Pour la littérature, avec la Bibliothèque Nationale de France et le Centre national du livre et pour le cinéma avec UniFrance.

Coordonnées par Arnaud Laporte, enregistrées en public ou en studio, il est possible d'écouter cette collection de masterclasses en podcast sur France Culture.

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(Actualité publiée en partie en août 2017)