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Sunny Side of the Doc

Du 22 au 25 juin 2020 - L’édition connectée


En ces temps incertains pour l’ensemble des acteurs de l’industrie du documentaire, il est heureux qu’un événement comme le Sunny Side of the Doc puisse se tenir, même dans une forme nouvelle et embryonnaire.

Saluons ici la capacité de réaction et de mobilisation des équipes de La Rochelle pour proposer, du 22 au 25 juin, une édition entièrement numérique.

Avec la disparition prématurée d’Yves Jeanneau en novembre dernier, il semblait déjà écrit que la 31e édition du Sunny Side of the Doc devait se démarquer des précédentes. Sans surprise, la crise sanitaire en cours empêchera donc la tenue publique d’un événement attendu chaque année par plus de deux mille professionnels du documentaire, venus autant de France que d’autres pays d’Europe et du monde. Nul doute que ses multiples conséquences, immédiates et redoutées, s’inviteront aussi dans les conversations virtuelles qui rythmeront les quatre jours du marché.


Néanmoins, la décision de maintenir l’événement malgré ces vents contraires envoie à l’ensemble de ces acteurs un message de soutien autant qu’elle porte l’espoir d’une forme de continuité pour les multiples projets engagés.

Soulignons-le d’emblée, l’envergure de cette nouvelle édition sera nécessairement limitée par les tâtonnements de sa forme nouvelle. Imaginé dans l’urgence, ce marché connecté relève du pari.
S’il faudra attendre son terme pour en faire le bilan, il est pourtant, selon son nouveau directeur Mathieu Béjot, déjà en passe d’être "quasiment gagné". Lors de la traditionnelle – et virtuelle pour l’occasion – conférence de presse le 9 juin dernier, il a rappelé le soutien indispensable des sponsors et des partenaires institutionnels de l’événement, ainsi que le volume record des projets soumis aux sessions de pitch. Si trois cent décideurs ont confirmé leur "présence", soit près de 70% par rapport à l’an dernier, mille participants se sont d’ores et déjà accrédités, soit un peu moins de la moitié qu’en 2019. Sur les six cent sociétés inscrites, un tiers d’entre elles tiendront un stand en ligne. Autre élément notable : le nombre de participants étrangers dépasse désormais celui des français, confirmant ainsi la dimension résolument internationale du Sunny Side of the Doc.

Naturellement resserrée, la programmation reste attractive. Articulée autour de l’histoire comme thématique principale, elle proposera quatre ateliers pratiques et interactifs autour de l’usage des archives, un panel sur la gestion de "l’impact" dans le processus de fabrication d’un documentaire, un autre sur la conquête des publics jeunes ou sur l’alliance internationale Global Doc. Autant de sessions qui seront préenregistrées mais qui donneront aux participants la possibilité d’intervenir en live-tchat. Les line-ups des principaux diffuseurs (France Télévisions, Arte, Canal +) sont annoncés et attendus, comme les rendez-vous habituels du CNC et de la SCAM qui dévoilera le palmarès de ses Étoiles.
Le festival PiXii, contraint cette année à trouver une alternative à l’exposition de dispositifs physiques, se renouvelle quant à lui en ligne avec des vidéos réalisées pour l’occasion par les sociétés sélectionnées.


Rien ne remplacera le souffle des rencontres informelles et l’élan que donne d’ordinaire le Sunny Side aux projets les plus ambitieux. En revanche, notons que cette numérisation "forcée" du marché présente aussi certains avantages. Elle permet tout d’abord de multiplier le nombre de rencontres "en temps réel" avec des experts et des "executives" - jusque-là limitées à six, portées ici à vingt. Dans la même perspective, elle permet l’arrivée d’acteurs d’ordinaire limités par le coût potentiel de leur venue – c’est le cas de producteurs immersifs d’Amérique du Sud qui intègrent le festival PiXii. Surtout, l’ensemble des programmes étant enregistrés dans les conditions du direct, cette édition connectée va permettre de constituer un corpus significatif au sein d’une vidéothèque numérique accessible, pour la grande majorité de ses programmes, jusqu’au mois de septembre.
Des ressources indispensables pour ne rien rater de cette 31e édition et également pour voir des films : ceux qui, dans un élan de solidarité, ont été proposés par certains festivals annulés, ou encore ceux, en guise d’hommage, qui ont jalonné la riche carrière d’Yves Jeanneau.
 
François-Xavier Destors


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