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Cinéma du réel 2020, reprise du palmarès

Du 2 au 4 octobre 2020 - La cinémathèque du documentaire à la Bpi, Paris


Catherine Bizern, déléguée générale et directrice artistique de Cinéma du réel, présente la reprise du palmarès du festival :

"Suite à l’annulation des projections publiques en mars dernier, le succès de la programmation dématérialisée de la compétition du Cinéma du réel a été particulièrement satisfaisant.

Mais la 42e édition du festival n’a pas eu lieu. Car un festival c’est cette alchimie entre des films, des cinéastes, une équipe et un public, c’est une fête. C’est partager physiquement le cinéma avec d’autres. La première séance publique, à la fois aboutissement et commencement, les cinéastes l’abordent toujours un peu fébriles, comme un moment de vérité que les spectateurs aussi attendent. Ce moment, nous allons enfin le partager grâce à La cinémathèque du documentaire à la Bpi autour des films du Palmarès.

Ces 9 films primés sont autant d’hypothèses quant à un possible du cinéma documentaire, autant d‘accès, aussi, à d’autres expériences que la nôtre.

Makongo dans la tradition du cinéma direct s’attache aux pas de deux jeunes pygmées et dévoile la dureté et le mépris de la société centrafricaine à leur égard. L’Année de la découverte est un film monde dont le dispositif en split screen tend à rendre compte de la complexité d’un espace démocratique et de sa possible représentation. Dans An Dà Shealladh, des récits légendaires font vibrer les paysages, les images et les sons d’un monde sensoriel, tandis que Bring Down the Walls tente de donner corps à ce qui fut la force de la house music aux États-Unis : abattre les murs invisibles de la discrimination raciale.

Back to 2069 et Don’t Rush forment un diptyque où, entre évocation d’un passé mythique et de la possibilité d’un ailleurs, est convoquée l’idée d’un territoire – la Grèce – et de ses différentes strates politiques et esthétiques.

Reserve convoque sous forme de fable l’histoire de l’homme et du loup : comment il l’a chassé et comment il doit remédier à son absence… Autre fable que celle de Titou et Soledad qui ont choisi de vivre une existence paysanne à l’écart de la modernité et dont rend compte L’Âge d’or comme le rêve d’une promesse et la fiction d’un souvenir.

Chronique familiale déguisée, Ontem havia coisas estranhas no céu se déroule au Brésil sur dix années d’une vie ritualisée par l’exercice cinématographique, où la succession des jours éprouve les conditions de l’existence. De l’existence qui émerge aussi de Chronique de la terre volée alors que le film documente la lutte d’un quartier pauvre de Caracas et de quelques jeunes femmes bien décidées à devenir propriétaires de leur maison.

Dans une démarche à la fois plastique, critique et politique, à partir d’images de "frappes chirurgicales" glanées sur le net, Il n’y aura plus de nuit s’interroge sur la force destructrice de la pulsion scopique. Autres images numériques que celles de synthèse qui font de This Means More un petit traité d’histoire sociale autour de l’évolution architecturale des stades de football.

La réalité dont chaque film est porteur, à chaque fois différente, souvent inattendue, résonne immanquablement avec notre propre appréhension du monde. C’est que le cinéma, porteur d’histoires, est indéfectiblement le moyen de lier les hommes entre eux."


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