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Corsica.Doc - Festival international du film documentaire d'Ajaccio

Du 14 au 18 octobre 2020 - Ajaccio


L'équipe de Corsica.Doc présente l'édition 2020 :

"Une terrible ironie du sort veut que la thématique choisie cette année - le rapport à la nature - soit justement ce à quoi nous voilà confrontés depuis plusieurs mois. Au risque même que le festival ne puisse se tenir dans des conditions "normales".

Malgré le confinement, puis le déconfinement agrémenté de mesures drastiques pour les salles de cinéma, l’équipe de Corsica.Doc a tenu jusqu’au bout à organiser le festival en "présentiel" comme on dit aujourd’hui. Dans ces conditions restreintes, le programme se trouve lui-même réduit, quelques invités ne pourront nous rejoindre pour cause de quarantaine obligatoire, nous ne pourrons organiser de table ronde sur la thématique du rapport à la nature, mais le débat ne sera évidemment pas clos en quelques jours, et nous le poursuivrons en cours d’année. 

Une vingtaine de cinéastes et producteurs invités seront présents pendant le festival pour accompagner leur film. Sont à noter cette année, deux belles avant-premières venues des États-Unis et d’Italie, ainsi qu’une première française venue de Lituanie."


Alice Leroy présente le programme Nature :

""Nous sommes devenus en tout point plus modestes. Nous ne cherchons plus l’origine de l’homme dans l"esprit", dans la "nature divine", nous l’avons replacé au rang des animaux. (...) Il n’est en rien le "couronnement de la création" : comparé à lui, tout être a atteint le même degré de perfection". Alors que nous ne sommes pas encore sortis d’une pandémie qui nous rappelle combien nos corps sont perméables aux autres espèces, les mots de Nietzsche prennent une singulière résonance. Nous ne sommes pas maîtres et possesseurs de la nature, et la frontière arbitraire que nous avions érigée entre les mondes naturels et culturels n’a plus lieu d’être, tant elle se trouve en pratique constamment remise en cause par les circulations, contaminations, greffes, incorporations, digestions et symbioses entre espèces.

Nul art mieux que le cinéma n’a enregistré avec autant de détail et de poésie ces circulations et ces échanges entre les vivants : depuis les fables zoologiques de Jean Painlevé jusqu’aux vidéodrames de la rencontre d’un trappeur et d’un ours chez Werner Herzog (Grizzly Man), en passant par les utopies d’un retour à la vie sauvage du Monte Verità d’Henry Colomer, les films de cette programmation parcourent une histoire de continuité et non de ruptures, de porosité et non de frontières, entre les formes du vivant et les formes filmiques. Récits d’une Amérique disparue, celle de la Wilderness d’Henry David Thoreau, The Last Hillbilly de Thomas Jenkoe et Diane Sara Bouzgarrou et Sweetgrass de Llisa Barbash et Lucien Castaing-Taylor convoquent le souvenir des films de John Ford ou de Howard Hawks pour raconter la fin d’un monde où les animaux et les humains cohabitaient dans l’harmonie.

À l’heure de l’industrialisation de la nature et de la dénaturalisation des animaux, les films sont aussi les témoins de l’extinction des espèces : voilà presque cinquante ans que Chris Marker et Mario Ruspoli dénonçait dans Vive la baleine la confusion du "vivant" avec une "ressource" exploitable jusqu’à épuisement. Ces dix dernières années, 160 espèces animales se sont éteintes. Bientôt nous irons nous promener dans les forêts comme dans d’immenses cimetières abritant la mémoire de ces fantômes, pareils aux touristes d’Acid Forest de Rugilè Barzdžiukaité. Ou bien peut-être chercherons-nous un refuge, loin de la fureur du monde, comme le marin de Two Years at Sea de Ben Rivers, pour retisser nos relations avec les autres vivants."

De nombreux films y sont programmés :

Acid Forest de Rugilė Barzdžiukaitė (Litualie, 2019)
Castor de Marie-Pierre Duhamel-Muller (France, 2006)
Chiens de Caroline Poggi (France, 2013)
Grizzly Man de Werner Herzog (États-Unis, 2005)
L'Île aux oiseaux de Maya Kosa et Sergio Da Costa (Suisse, 2019)
Interminablement de Dominique Auvray (Japon, 2012)
The Last Hillbilly de Diane Sara Bouzgarrou, Thomas Jenkoe (France, Qatar, 2020)
Monte Verità de Henry Colomer (France, 1997)
Reservia de Gerard Ortín Castellví (Espagne, 2020)
Secteur 545 de Pierre Creton (France, 2004)
Sweetgrass de Lucien Castaing-Taylor et Ilisa Barbash (Royaume-Uni, 2009)
Two Years at Sea de Ben Rivers (Royaume-Uni, 2011)
L'Ultimu Sognu de Lisa Reboulleau (France, 2019)
Une fois que tu sais de Emmanuel Cappellin (France, 2019)
Vive la baleine de Chris Marker et Mario Ruspoli (France, 1972)
et une "petite" rétrospective Jean Painlevé avec Le Bernard l'Ermite, Le Vampire, Les Amours de la pieuvre et Acera ou le bal des sorcières.


Dans la compétition Nouveaux talents, 6 longs métrages :

After Work de Julia Pinget
Aswang de Alyx Ayn Arumpac
Celle qui manque de Rares Ienasoaie
Il Mio Corpo de Michele Penneta
Marana de Giovanni Benini et Davide Provolo

et 9 courts métrages :

Allure sylvestre de Damien Pelletier-Brun
Blakata de Camille Varenne
Déjame hablar de Samuel Alarcon
Jiri de Sarah Maisonneuve
Kilomètre 84, Jacques Perrin de Sandrine Perrin
La Lumière bleue de Laure Bioulès
Mat et les gravitantes de Pauline Penichout
Pyrale de Roxanne Gaucherand
Terrestres de Normand Rajotte


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