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img © photo : Denis Dailleux - Agence VU' / Design Catherine Zask

Festival Les Étoiles du documentaire

Partiellement en ligne


Le festival Les Étoiles du documentaire a été annulé. Mais la diffusion des étoiles ne s’arrête pas puisque grâce à l’implication des partenaires du festival, il est possible de voir la sélection étoilée 2020.

Ainsi Télérama et Tënk diffuseront en novembre et décembre des films étoilés. KuB viendra compléter ce programme de diffusion et mise en avant du palmarès.

L’ensemble du palmarès de cette 15e édition sera en libre accès sur les postes de consultation du Forum des images à Paris, dès sa réouverture et pour une durée d’un an. En 2021, à l’initiative des structures faisant partie du réseau national de la Cinémathèque du documentaire, des projections seront également organisées en région.

+ Plus d'informations sur le site de la Scam
+ Site de Télérama
+ Site de Tënk
+ Site de KuB


Laëtitia Moreau, présidente de la Scam, présente le festival Les Étoiles du documentaire :

"Les Étoiles de la Scam 2020 sont là et bien là ! C’est un petit miracle d’avoir pu, malgré les circonstances du confinement, réussir à réunir nos jurys de sélection et présélection.

Aussi, mes premiers remerciements iront à toutes ces autrices et ces auteurs qui ont travaillé, débattu, argumenté, vaille que vaille, par tous les moyens de communication à distance possibles et imaginables pour que ce palmarès existe. Un grand merci à toutes et tous, et un remerciement tout spécial à Carmen Castillo qui a présidé cette année le jury et à Gilles Cayatte qui a été le chef d’orchestre de tous ces échanges.

C’est donc une immense joie que de vous accueillir, différemment certes, mais en vrai, en présentiel puisque désormais le mot est devenu indispensable dans notre vocabulaire, indispensable comme se retrouver, partager le plaisir de la salle, le plaisir de voir sur grand écran et ensemble ces pépites du documentaire et du reportage.

Merci aussi aux équipes de la Scam pour avoir rendu possible cette édition, là aussi vaille que vaille, déployant des trésors d’inventivité pour que le festival existe encore cette année, en tenant compte de toutes les normes sanitaires que nous devons respecter.

Cette année encore le palmarès est riche, riche de films aux formes et aux sujets divers, qui prouvent si besoin en était à quel point les auteurs et autrices du Réel savent nous raconter le monde, ce monde si turbulent, incertain, déroutant aussi.

Alors haut les masques, haut les cœurs, et que vive le documentaire sous toutes ses formes, et que brillent une fois encore les Étoiles de la Scam."


Le mot de Carmen Castillo, présidente du jury 2020 :

"Il n’était d’autre choix en ce début du mois d’avril : le jury devait se retrouver sur un écran morcelé. Pourrions-nous réussir à travailler ? Comment pourrais-je saisir par ordinateurs interposés les nuances de nos paroles échangées ?

Comme chaque année, notre mission était de choisir 30 étoiles sur 60 films présélectionnés par la Commission du répertoire audiovisuel. Puisque nos tournages et autres chantiers étaient à l’arrêt, nous étions plus disponibles – même si le temps filait à grande vitesse – et avons décidé de nous offrir trois longues séances avant la plénière. D’un rendez-vous à l’autre, nous avons traversé l’écran et avons créé un espace commun : une équipe.

Et parce que je n’étais qu’une personne de plus à côté de Jennifer Deschamps, Joël Farges, Samuel Lajus et François Reinhardt, la tension qui m’habitait au départ de cette expérience a disparu ; je me suis oubliée. De générations et de parcours différents, nous avons regardé les films non comme des réalisateurs, mais comme des sujets ouverts et attentifs à chaque film. Nos sensibilités, nos subjectivités, ont été mises à l’écoute des autres, sans calcul, sans crainte, sans ego. Bel apprentissage. Par-delà nos expériences et nos goûts, nos affinités électives devant la scène du cinéma documentaire d’aujourd’hui ont bâti un socle où il était possible et si enrichissant de réfléchir. C’est qu’on ne pense jamais seul. Entre nous, des paroles libres, du respect, de la lenteur, et une énergie salvatrice dans cet étrange "entre-temps". Il nous fallait choisir et même si nous avons tous, inévitablement, quelques regrets, nous sommes sereins : nous avons travaillé avec rigueur et engagement.

La sélection

À l’évidence, nos regards ont été empreints du moment que le monde traversait, et de l’inévitable question qui se posait avec une acuité nouvelle : le documentaire, le cinéma, sont-ils autre chose que des grains de sable lancés à la face du rouleau compresseur mondial ? Permettent-ils de s’opposer à une seule inégalité, de réparer une seule injustice ? Tout cinéaste a envie de répondre oui, et nombre de films y contribuent par le simple fait de révéler l’invisible au grand jour, que ce soit sous la forme d’une investigation implacable, ou en revisitant l’Histoire, ou en évoquant des douleurs et des joies de cette humanité dont l’existence est niée — et que, parfois, seul le cinéma documentaire parvient à éclairer…

C’est tout ce large éventail de films que nous avons eu l’honneur d’avoir sous nos yeux et la responsabilité d’apprécier. Pour certains, exceptionnels par leur parti pris de réalisation, un cri de joie unanime ; pour d’autres, nous avons partagé en confiance, nos impressions, nos chocs, nos questions ou nos doutes. Chaque film était unique, il était là, devant nous, face à nos solitudes, mais il tissait des liens. Chaque film avait une histoire particulière de production et de diffusion, certains réalisés à petits budgets, d’autres mieux dotés, certains avaient déjà été reconnus, d’autres avaient été diffusés trop discrètement. Mais ils avaient presque tous cet air de famille : une audace dans la forme, un courage dans le contenu, une originalité dans la manière de raconter une histoire, bref le regard d’un créateur.

Le documentaire et la pandémie

Le documentaire est fait de ce paradoxe, c’est à la fois la vision personnelle de l’auteur et une disponibilité forte, une écoute attentive de l’autre, des autres, c’est une subjectivité en acte et une ouverture sur le monde, portée par le désir d’un inconnu à découvrir et à révéler. Il exige une liberté totale de l’esprit et c’est cette liberté qui rend les films puissants et attirants. Le formatage est une fermeture ; par les figures imposées, par la répétition du même, par le manque de personnalité, il génère l’ennui. Le formatage n’incite qu’à des réponses calibrées, prévisibles. Le documentaire ouvre les questions.

Ce que nous avons expérimenté dans ce temps de pandémie, où l’irréel régnait au risque de nous rendre prisonniers de nos peurs pour toujours, c’est la puissance du documentaire. Je le savais, mais je l’ai vécu cette fois dans mon corps. Dans ce huis clos nous avons pu respirer l’air du monde, souffrir avec une humanité unifiée et nous réjouir avec elle. La rencontre d’un regard d’auteur, de personnes et d’histoires de l’ailleurs, a redonné en cette période critique de l’épaisseur à notre quotidien, une ligne de perspective, un horizon.

De cela, encore plus qu’avant, nous pouvons remercier ces films et ces réalisateurs, et espérer que les étoiles les aident à continuer leur singulier chemin."


Pour rappel, la liste des 30 films étoilés 2020 :

Au temps où les Arabes dansaient de Jawad Rhalib
Belinda de Marie Dumora
Coming Out de Denis Parrot
Delphine et Carole, insoumuses de Callisto Mc Nulty
La Face cachée de l'art américain de François Lévy-Kuentz
Falconetti de Paul Filippi
Goodbye Jerusalem de Mariette Auvray et Gabriel Laurent
Le Grand Bal de Laetitia Carton
L'homme a mangé la Terre de Jean-Robert Viallet
Le Liseré vert de Gilles Weinzaepflen
M de Yolande Zauberman
Madame Saïdi de Bijan Anquetil et Paul Costes
Manuel de libération de Alexander Kuznetsov
Miss Mermaid de Pauline Brunner et Marion Verlé
Mon nom est clitoris de Daphné Leblond et Lisa Billuart-Monet
Le Monde selon Amazon de Adrien Pinon et Thomas Lafarge
Nofinofy de Michaël Andrianaly
Overseas de Sung-A Yoon
Le Pacte Hitler-Staline de Cédric Tourbe
Le Procès contre Mandela et les autres de Nicolas Champeaux et Gilles Porte
Religieuses abusées, l'autre scandale de l'Église de Éric Quintin et Marie-Pierre Raimbault
Rencontrer mon père de Alassane Diago
Retour à Kigali, une affaire française de Jean-Christophe Klotz
Samouni Road de Stefano Savona
Selfie de Agostino Ferrente
La Tête et le Cœur de Gaël Breton et Édouard Cuel
Torture propre : une invention américaine de Auberi Edler
Une nouvelle ère de Boris Svartzman
Vacancy de Alexandra Kandy Longuet
Village de femmes de Tamara Stepanyan