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Lumière sur
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Cinéma du réel

Du 12 au 21 mars 2021 - En ligne


Après une édition 2020 basculée en ligne, Cinéma du réel propose cette année une forme spécifique, fédératrice et augmentée du festival : CANALRÉEL.

Une nouvelle expérience de festival dématérialisé, avec, au programme, tous les jours, en direct et en simultané, des films, des débats et des rencontres.

Réservations des places à partir de début mars sur le site du festival.


21 films - 11 longs métrages, 10 courts métrages - sont présentés en sélection internationale :

A River Runs, Turns, Erases, Replaces de Shengze Zhu (États-Unis)
Armour de Sandro Aguilar (Portugal, Canada)
Citadel de John Smith (Royaume-Uni)
earthearthearth de Daïchi Saito (Canada)
End of the Season de Jason Evans (États-Unis)
Faraway My Shadow Wandered de Liao Jiekai et Sudhee Liao (Singapour, Japon, Taiwan)

Feast de Tim Leyendekker (Pays-Bas)
Figure Minus Fact de Mary Helena Clark (États-Unis)
The Filmmaker's House de Marc Isaacs (Royaume-Uni)
Flowers Blooming in Our Throats de Eva Giolo (Belgique, Italie)
FREIZEIT oder: das gegenteil von nichtstun de Caroline Pitzen (Allemagne)
The I And S of Lives de Kevin Jerome Everson (États-Unis)
The Inheritance de Ephraim Asili (États-Unis)
Odoriko de Yoichiro Okutani (Japon, États-Unis)
Patrick de Luke Fowler (Royaume-Uni)
Pejzaži otpora de Marta Popivoda (Allemagne, Serbie, France)
Les Prières de Delphine de Rosine Mbakam (Belgique, Cameroun)
Rock Bottom Riser de Fern Silva (États-Unis)
Sol de Campinas de Jessica Sarah Rinland (Argentine, Royaume-Uni)
Taming the Garden de Salomé Jashi (Suisse, Allemagne, Géorgie)
Tellurian Drama de Riar Rizaldi


En sélection française, 20 films sont présentés en première mondiale - 9 longs métrages, 11 courts métrages :

Avant que le ciel n’apparaisse de Denis Gheerbrant
Baleh-baleh de Pascale Bodet
Corps samples de Astrid de la Chapelle
Dear Hacker de Alice Lenay
Désir d'une île de Laetitia Farkas
Foedora de Judith Abensour
Garage, des moteurs et des hommes de Claire Simon
Incandescence des hyènes de Nicolas Matos Ichaso
Ivre de soule de Skander Mestiri
Kindertotenlieder de Virgil Vernier
Living With Imperfection de Antoine Polin
L’état des lieux sera dressé à 11h en présence de la femme du poète de Martin Verdet
Nightvision de Clara Claus
Random Patrol de Yohan Guignard
Saxifrages, quatre nuits blanches de Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval
Silabario de Marine de Contes
Un mal sous son bras de Marie Ward
Un monde flottant de Jean-Claude Rousseau
Un souvenir d’archives de Christophe Bisson
Venice Beach, CA. de Marion Naccache


Catherine Bizern présente l'intégrale Pierre Creton proposée cette année :

"Pour dire comment s’articule ma vie et ma pratique de cinéaste, je voudrais citer Jean-Luc Nancy [Au fond des images, 2003] : “Le paysan est celui qui s’occupe du pays, et il n’est pas pour autant forcément agriculteur. Un paysan est un ouvrier qui ouvrage le temps-et-lieu en même temps que l’objet ouvragé. Et c’est ainsi qu’il peut y avoir un paysan dans la pensée ou dans l’art : en tant que celui qui ne produit pas seulement, mais qui d’abord cultive, c’est-à-dire qui fait venir et qui laisse croître. Le paysan est aussi celui qui n’est pas tout dans son travail, celui qui donne lieu et temps à d’autres opérations que la sienne, à des mûrissements et à des attentes, à de très anciennes mémoires enfouies, à des croisements imprévisibles et à des virements de ciel.""

C’est par cette citation de Jean-Luc Nancy que Pierre Creton répondait à Cyril Neyrat en 2006 quant à la manière dont s’articule sa vie et sa pratique de cinéaste, choisissant de convoquer une figure qui tout à la fois nous renvoie à un passé archaïque commun à tous, à un autre temps que le nôtre, à une utopie. Pourtant si la terre, celle que l’on cultive, que l’on jardine, est le lieu et le temps de son occupation, il serait réducteur de dire de Pierre qu’il est un cinéaste paysan tout comme il serait faux de dire de Pierre qu’il est un cinéaste de la nature, celle que l’on contemple ou dont on fait le paysage.  Au cœur du cinéma de Pierre Creton il y a avant tout la rencontre. Avec des êtres, des lieux, des lectures, des événements et l’expérience singulière d’un homme, vivant parmi les vivants, décidé à être ensemble. Entre vivre et faire, les films se tissent. Agir, ressentir, désirer. Des films portés par le lyrisme et la sensualité du geste et du corps autant que de l’événement et de l’action. Ainsi l’articulation de la vie et de la pratique de cinéaste de Pierre Creton est au cœur de son œuvre et de l’alchimie créatrice dont tous les films portent la trace. Elle est la matière de chaque film et en dicte la forme.

C’est avec beaucoup d’émotion qu’en revoyant les premiers films de Pierre, je reconnais des tentatives formelles, des principes narratifs, des images dont certaines s’affermiront tandis que d’autres alimenteront des variations récurrentes plus ou moins directes. Mais aussi de film en film d’entrer dans une intimité, un cercle d’amis bienveillants où chacun, chaque être vivant, veille sur l’autre et sur le monde alentour. Hommes, bêtes, falaises, routes et champs… On peut imaginer Pierre Creton comme un arpenteur de son territoire familier mais aussi d’un territoire cinématographique dont l’élargissement par cercles concentriques s’expérimente en découvrant l’intégralité des films du cinéaste. 

Creton, arpenteur enraciné, a un acolyte, Vincent Barré ; Vincent est celui qui part, qui va loin, entraînant Pierre parfois avec lui, le moins souvent possible semble-t-il. Pour autant c’est à deux, dans leur échange des nouvelles du proche et du lointain mêlés, partage attentif d’un ici permanent, que le récit, l’expérience et la fiction du monde nous sont rendus. "Il n’y a de vrai que « les rapports » c’est-à-dire la manière dont nous percevons les objets".  ¹

¹ Extrait d’une lettre de Gustave Flaubert à Guy de Maupassant cité dans l’ouvrage Cultiver habiter filmer, Pierre Creton conversation avec Cyril Neyrat Ed. Independencia 2010.

Une trentaine de films, longs et courts métrages sont programmés.

+ Plus d'informations sur l'intégrale Pierre Creton
+ Consulter la filmographie documentaire de Pierre Creton

+ Site du festival
+ Consulter le programme du festival en pdf