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Le cinéma en commun c’est la vie qui circule

Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval sur France Culture


"Nous filmons des personnes que l'on rencontre, c'est ce que l'on fait tout le temps. On aime découvrir ce qu'ils sont et ce que nous sommes quand on est avec eux. C'est simple, et cela a beaucoup à voir avec le désir, les rêves, les secrets. Peut-être aussi les cauchemards, peut-être nos peurs. Nos films se font signe, font relation, débordent l'un vers l'autre, s'entrechoquent et se répondent. Au fond, nous pensons qu'on ne fait que se répéter d'un film à l'autre. Que ce soit de la fiction ou du documentaire, il y a une continuité entre les films. Les fragments, c'est ça la répétition. Peut-être une forme de journal ou de laboratoire. Et puis nos personnages circulent librement, d'un film à l'autre. Une circulation nomade, qui se veut sans frontières. Le cinéma, depuis toujours, est un art épique." Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval

Alors que le Centre Pompidou a consacré une grande rétrospective à Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval, Le cinéma en commun, les cinéastes étaient invités sur France Culture dans l'émission Par les temps qui courent.

"En commun c’est le temps. C’est ce qu’on appelle le passé, c’est notre présent que nous partageons et un futur qui existe déjà dans ce présent depuis ce passé. Je dirais qu’en commun c’est d’essayer de faire circuler une archéologie du temps, de l’histoire, des peuples et de tout ce qui traverse comme ça les fragments de sédimentation du vivant." Elisabeth Perceval

"En prenant le temps de filmer, on est dans l’instant. Le paradoxe c’est que l’instant disparaît pour toujours mais la trace sur la pellicule fait qu’on rentre dans une dimension plus abstraite, qui vit dans une temporalité totalement autre. Ce que je découvre là, en revoyant mes films, c’est que ces films ont leur propre existence qui est la temporalité du cinéma." Nicolas Klotz

"Effectivement, on arrivait chargés de plusieurs années de cinéma, on arrivait en tant que cinéastes. Et ce qui était important, c’est qu’il y avait une invitation et très peu sont entrés dans les cabanes ou les tentes. Très vite les habitants ont su qui nous étions. Nous ne sommes pas des journalistes, nous ne sommes pas des touristes, nous faisons un métier : cinéaste. Alors cela résonnait plus ou moins à leurs oreilles : "Ah bon mais vous écrivez ? Non on fait un film et on va le faire avec vous." Dès le départ la caméra était présente, elle était toute petite et on a gardé le même objectif, un objectif qui ne zoome pas, sur personne, on s’approchait physiquement des gens." Elisabeth Perceval


L'émission est disponible en podcast sur le site de France Culture.

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