film-documentaire.fr | PORTAIL DU FILM DOCUMENTAIRE

img img
Regard
img © D.R.

En regardant le sang des bêtes

Un livre de Muriel Pic


"Les abattoirs de la Villette, quarante hectares bordés par le canal Saint-Denis, bâtiment ruineux, immense, avec une grande halle pour le marché : ouverts en 1967 et fermés en 1974, année de ma naissance. La caméra de Franju fouille dans le ventre de Paris."
Muriel Pic, En regardant le sang des bêtes


À l’origine du livre de Muriel Pic, il y a le visionnage du film de Georges Franju, Le Sang des bêtes (1949), découvert au cours de recherches menées sur les abattoirs. Le texte s’attache dès lors à recomposer, en cent fragments, le cheminement d’un regard confronté aux images des anciens abattoirs parisiens de Vanves et de la Villette. S’y côtoient archives visuelles et textuelles inédites relatives au tournage, fragments de récits autobiographiques, réflexions sur notre rapport à l’abattage de masse, ainsi qu’une galerie de portraits d’écrivains en proie à leur condition vacillante d’animaux pensants.


Muriel Pic est écrivain, critique littéraire et traductrice de l’allemand. Docteur de l’EHESS, elle enseigne la littérature française à l’université de Berne.
Elle a publié notamment : W. G. Sebald – L’Image papillon (Les presses du réel, 2009) ; Les désordres de la bibliothèque (Filigranes, 2010) ; Non-savoir et littérature (Éditions Cécile Defaut, 2012) ; Walter Benjamin, Lettres sur la littérature (édition critique et traduction, Zoé, 2016) ; Élégies documentaires (Éditions Macula, 2016).
La spécificité de ses recherches est de se fonder sur l’archive et de travailler sur la littérature de montage.

"Il y a ce qui est projeté : l’image. Il y a ce qu’on est. Entre les deux, il y a ce qu’on voit, c’est-à-dire une incertitude. C’est l’interprétation de l’image. On voit une image de l’autre, de l’auteur, avec ses émotions, son thème, son style, ses personnages, mais on voit aussi sa propre image, une image de soi, avec ce que chacun de nous a de plus secret."
(Georges Franju, entretien).

"En regardant le sang des bêtes est un récit-spectateur avec ce que cela signifie d’activité et de passivité simultanées, une manière d’auto-observation au miroir des bêtes, une enquête historique sur les abattoirs, un témoignage, une méditation morale avec maximes sur notre rapport à la mort animale, à la mort tout court. C’est sans doute aussi un discours sur le film, un manifeste écologique et politique, un engagement sans fard dans la cause animale si on peut encore parler de cause à propos d’un règne intégralement exploité par l’homme. "
(Muriel Pic, extrait du livre)


+ Voir le montage vidéo réalisé par Muriel Pic à partir des images et des matériaux d'archives du film
+ Site des Éditions Trente-trois morceaux