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Regard
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Retour sur le Sunny Side of the Doc 2017


Quand la diversification crée la croissance
 
La belle édition 2017 de l’incontournable marché du film documentaire de La Rochelle a révélé des enseignements intéressants quant aux évolutions en cours. Sunny Side 2017 a certes été marqué par une fréquentation en hausse, la négociation d’importantes coproductions et la satisfaction des acteurs du documentaire exportable, mais elle a été riche d’un constat plus intéressant. Yves Jeanneau, le délégué général, relève que l’hybridation des genres entre cinéma du réel et images de synthèse, animation en 2 ou 3D, etc. engendre un renouvellement des attentes, des films et donc du marché.

Cette pluralité dans l’écriture trouve un écho dans la diversification des modes de diffusion et de promotion. Ces mutations profondes se traduisent concrètement par des marchés qui se créent du côté des plateformes, des réseaux sociaux, etc. Tout cela bouillonne et des transactions nouvelles voient le jour, plus modestes en valeur unitaire, mais plus nombreuses et au total donnent au secteur une dynamique là où on ne l’attendait pas si tôt. Cela n’est évidemment vrai que pour un certain type de films documentaires, celui qui est en phase avec les thématiques recherchées à l’international (histoire, découverte, sciences, en particulier). Cette dynamique touchera-t-elle les gestes d’auteur qui restent aujourd’hui confrontés à des difficultés croissantes ? Ce n’est pas impossible, il faudra observer ce qui se passe du côté de certaines plateformes.
 
De leur côté, les documentaires de création les plus éloignés du marché ont occupé les discussions avec le CNC. Des craintes de voir plafonnées les aides sélectives du FSA pour les films dits fragiles à des montants compris entre 20 et 29K€/ heure, ont été exprimées par plusieurs producteurs et auteurs, alors que la philosophie du dispositif "films fragiles" est d’aider de façon très significative les meilleurs de ces projets, appréciés comme tels par la commission, y compris dans la limite maximale des 40 % du budget. Christophe Tardieu, directeur général du CNC a rappelé que l’esprit de ce dispositif était bien d’aider les projets à la hauteur de ce dont ils avaient besoin et qu’il n’existait aucun plafonnement, la commission devant apprécier le niveau du soutien à apporter, dans la limite des règles prévues par le régime général des aides. Cette précision fut considérée comme bienvenue.
 
Dans l’observation au long cours des procédés de réalité virtuelle qui accroissent leurs présences de festivals en festivals, notons que Sunny Side présentait cette année un espace bien fait, dénommé "Parcours interactif d’expériences immersives et innovantes", dont le titre parle de lui-même. Au sein de ce bouquet de tentatives, une expérience remarquable qui n’a échappé à personne : la visite de l’atelier de Maurice Utrillo (Art of Corner). Un aperçu ici.

Pour en savoir plus et pour la synthèse de cette jolie édition, consultez ici le communiqué de presse dévoilant le palmarès ainsi que le bilan de l’édition 2017.
 
AM, juillet 2017