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Lumière sur
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Les États généraux du film documentaire

Du 20 au 26 août 2017 - Lussas


D’une forme d’errance peuvent naître les plus belles associations : les idées mûrissent parfois longuement avant de prendre forme, de pouvoir être formulées. Les programmations sont un processus de sédimentation, au cours duquel des films, des œuvres se déposent, s’ancrent dans la mémoire. Puis cette accumulation de traces dessine un chemin. C’est un cheminement semblable qui nous a conduits cette année à deux ateliers autour de la mémoire. Des cinémas qui arpentent, explorent, déambulent pour faire surgir une mémoire des lieux ou bien qui composent le territoire d’une mémoire où l’Histoire s’immisce. Les nombreux réalisateurs conviés partageront avec nous leur expérience et leur réflexion pour articuler toujours plus étroitement "une archéologie de la mémoire et une cartographie sensible des territoires", la démarche archéologique d’un cinéma qui tente de déceler et de révéler dans le présent d’un territoire les stigmates de l’Histoire mais aussi d’une mémoire. Les films libanais récents de la "Route du doc" portent encore les traces de l’Histoire tragique et violente des guerres traversées par ce pays, terre d’accueil autant que de départs, et tentent de trouver une manière de surmonter le réel, de l’affronter, une tentative d’inscription de soi dans le monde, quand la mémoire et l’Histoire ne sont plus seulement affaire d’héritage mais construction au présent.

L’"Histoire de doc" consacrée à la Pologne repose sur une exploration du cinéma à travers l’Histoire et celle des formes cinématographiques. "Le champ politique du documentaire reste-t-il cet espace où les formes peuvent encore bouger, accompagner le monde dans ses frémissements, dans sa déréalisation même ?" C’est à cette recherche d’expériences que se sont attachés Dominique Auvray et Vincent Dieutre, à qui nous avons confié cette année la programmation "Expériences du regard".

Et si c’est un honneur d’accueillir Peter Nestler et Guy Sherwin, c’est aussi un bonheur de proposer des expériences de cinéma aussi radicales. Alors que Guy Sherwin nous ramène au silence et à la lumière de la pellicule et, avec elle, à une autre expérience de la perception, l’œuvre de Peter Nestler réaffirme la nécessité d’une liberté de formes et d’une parole critique. D’un geste cinématographique d’une belle intensité, c’est une autre parole tout aussi précieuse, celle de Jean Oury, qui nous donnera à penser au cours d’une "Séance spéciale" entre deux films et les deux créateurs hors norme que sont Jean Oury et le metteur en scène Claude Régy. Y surgiront des liens inattendus, notamment dans leur attachement aux mots, et à la manière de les dire, de les entendre. D’autres radicalités qui nous ramènent à des manières de faire, à la recherche d’expériences et de formes qui construisent des regards autres, auxquels sont conviés les spectateurs. Et nous voudrions nous réapproprier des mots de Claude Régy : "Pour moi (pour nous), c’est important que le public ne se trompe pas sur ce qu’il vient chercher au théâtre (au cinéma).
Il vient créer."

Pascale Paulat et Christophe Postic



Pour la sélection "Expériences du regard", 30 films ont été retenus cette année :

Antoine, l'invisible de Sergio Da Costa et Maya Kosa
Atlal de Djamel Kerkar
Aujourd'hui rien de Christophe Pellet
The Bird and Us de Félix Rehm
Bodycam de Stéphane Myczkowski
Bricofutur de Nicolas Cilins
Ça brûle de Agathe Dreyfus et Christine Gabory
Ça parle d'amour de Joseph Truflandier
La Cité intérieure de Jérôme Amimer
Derniers jours à Shibati de Hendrick Dusollier
Des spectres hantent l'Europe de Maria Kourkouta et Niki Giannari
Dream Box de Jeroen van der Stock
Fukushima no ato 1 de Bojena Horackova
In Art We Trust de Benoît Rossel
In progress (Des figures de guerres II) de Sylvain George
Je ne me souviens de rien de Diane Bouzgarrou
Kawasaki keirin de Sayaka Mizuno
Koropa de Laura Henno
La nuit appartient aux enfants de François Zabaleta
Les Olympiens de Sara Millot
El Patio de Elvira Diaz
Le Paysage dans 100 ans de Jean-Christian Riff
La Place de l'homme de Coline Grando
Poisson de Martin Verdet
Le Saint des voyous de Maïlys Audouze
Silêncio de Christophe Bisson
Stand-By Office de Randa Maroufi
Tchekhov à Beyrouth de Carlos Chahine, France
Vienne avant la nuit de Robert Bober
Les Yeux clos de Vincent Ducros, France / 2017 / 59'


Dans "La Route du Doc" consacrée au Liban, 17 films seront projetés :

1958 de Ghassan Salhab
28 Nights and a Poem de Akram Zaatari
74. Reconstitution d'une lutte de Rania et Raed Rafei
Birds of September de Sara Francis
Civil War de Mohamed Soueid
Diaries of a Flying Dog de Bassem Fayad
Geographies de Chaghig Arzoumanian
En cette terre reposent les miens de Reine Mitri
Marjayoun de Ala’ Fadel
Juste une odeur de Maher Abi Samra
Monumentum de Fadi Yeni Turk
My Father is Still a Communist de Ahmad Ghossein
Mon père ressemble à Abdel Nasser de Farah Kassem
Nightfall de Mohamed Soueid
(Posthume) de Ghassan Salhab
Tango of Yearning de Mohamed Soueid
This Little Father Obsession de Selim Mourad


Les "Fragments d'une œuvre" permettront de découvrir les œuvres des cinéastes Guy Sherwin et Peter Nestler.


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