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Regard
img © Fondation Jean Rouch

Exposition Jean Rouch, l'Homme-Cinéma

Du 26 septembre au 26 novembre 2017 - Paris




La Bibliothèque nationale de France (BnF) présente, en co-production avec le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), l’exposition Jean Rouch, l’Homme-Cinéma consacrée au cinéaste-ethnographe à l’occasion du centenaire de sa naissance.


À travers une nouvelle écriture cinématographique, dynamique et spontanée, ce passionné d’Afrique a inventé une manière sans précédent de raconter les hommes et le monde. Cette rétrospective unique associe à la fois ses archives manuscrites et sonores, des photographies et plus d’une cinquantaine d’extraits de films dont certains sont visibles pour la première fois du grand public.





Jean Rouch, une nouvelle écriture cinématographique

Jean Rouch (1917-2004) est très tôt passionné par la culture africaine qu’il découvre lors de sa première affectation au Niger en tant qu’ingénieur des Ponts et Chaussées. Il entrevoit les mystérieuses pratiques de la religion et de la magie des Songhay lors du décès par la foudre de plusieurs ouvriers d’un de ses chantiers. De retour en France, il suit des cours d’ethnographie et retourne ensuite en Afrique avec la compagne de route qui le suit désormais partout : sa caméra. Avec ce nouvel outil d’investigation des hommes et de leurs manières de vivre, la caméra toujours à l’épaule, faisant la part belle à l’improvisation, Jean Rouch lie d’une manière unique le cinéma et les sciences humaines.
En 1946-1947, il descend pour la première fois les 4.200 km du fleuve Niger, de sa source jusqu’à l’océan Atlantique. Après cet exploit, quelques missions, le tournage de films et l’obtention de sa thèse, il participe à la création du Comité du film ethnographique, qui siège au Musée de l’Homme. Il crée également en 1969 le Groupe de Recherches et d’Essais Cinématographiques (GREC), destiné à produire des premiers courts métrages, avec le soutien du CNC.
Au cours de sa longue carrière, Jean Rouch, insatiable réalisateur de plus de 180 films, enseigne également le cinéma en France, à Nanterre ou à Chaillot, en Afrique, aux États-Unis et suscite de nombreuses vocations de cinéastes à travers le monde.
Parmi ses films les plus marquants : Les Maîtres fous (1954-1957), Moi, un noir (1957-1959), prix Louis-Delluc ; Chronique d’un été (1960-1961), co-réalisé avec Edgar Morin, prix de la Critique au Festival de Cannes ; La Chasse au lion à l’arc (1958-1965), Lion d’or au Festival de Venise ; Petit à petit (1968-1971) ; Cocorico ! Monsieur Poulet (1973-1974) ; Madame l’eau (1992-1993), grand prix international de la paix au Festival de Berlin.
Se jouant des règles de l’objectivité, Jean Rouch assume de manière enjouée sa subjectivité dans les relations avec ceux qu’il filme. Toute sa vie, et avant tout le monde, il est resté attaché à un cinéma léger, à des caméras mobiles et autonomes, et à un travail collectif faisant la part belle à l’improvisation. En cela aussi, il préfigure et interroge les pratiques de l’image qui sont les nôtres aujourd’hui.


Une exposition unique, un parcours entre films et archives

Jean Rouch, l’Homme-Cinéma est la première exposition qui mêle photographies, documents d’archives et films, permettant ainsi d’entrer dans son univers, de voir ce qui l’a passionné, ému, pour découvrir et mieux appréhender cet homme d’images. Jean Rouch a laissé de nombreuses traces de son travail : ses films bien sûr, quelque 180 réalisations pour la plupart sauvegardées et restaurées par le CNC, mais aussi ses archives écrites, photographiques et sonores, en grande partie conservées par la BnF et la Fondation Jean Rouch. Le visiteur peut ainsi découvrir l’univers de Jean Rouch sur deux espaces de la Bibliothèque nationale de France : l'Allée Julien Cain et la Galerie des donateurs.

- Allée Julien Cain

Sur 16 panneaux grand format sont exposés plus de 200 images et extraits de films qui permettent de parcourir la vie et l’œuvre de Jean Rouch : l’héritage du surréalisme et des explorateurs, les danses de possession, l’Afrique des métropoles à l’heure des indépendances...
Des images inédites, spécialement restaurées pour cette exposition, sont visibles pour la première fois par le grand public : des photos de Jean Rouch adolescent, ses premières images animées réalisées en 1947 ainsi qu’un fragment unique du film Mission Dakar/Djibouti 1931-1933 de l’expédition de Marcel Griaule et de Michel Leiris, récemment retrouvé.

- Galerie des donateurs

Dans cet espace, le visiteur découvre comment Jean Rouch a construit et réalisé ses films, véritable technicien dans l’âme, grâce à plus d’une centaine de pièces originales dont sa première caméra, achetée au marché aux puces en 1946, une Bell&Howell. Le "sgubbitophone" de Jean Rouch est également exposé. Cet objet utilisé à partir de 1950 est un Acémaphone, prototype d’appareil portatif inventé par l’ingénieur Yves Sgubbi, qui permet de recueillir des sons directement sur le terrain. Toutes ces archives, présentées en regard des films, mettent en lumière les pratiques de tournage et de réalisation de cet ethnographe-cinéaste, artisan-expérimentateur, de 1946 jusqu’à sa disparition en 2004.


+ Consulter le dossier de presse de l'exposition
+ L'exposition "Jean Rouch, l'Homme-Cinéma" sur le site de la Bibliothèque Nationale de France
+ La page consacrée à Jean Rouch sur film-documentaire.fr


Deux autres évènements autour du Centenaire Jean Rouch :

+ À partir du 26 septembre et jusqu'au 30 octobre, l'exposition "Jean Rouch - Photogrammes", au siège du CNRS
+ Le 27 septembre à l'University of Chicago Center in Paris, "Conversation on Jean Rouch, Chicago, Jazz and Anthropology" avec Judy Hoffman et la projection d'un film inédit et inachevé de Jean Rouch, tourné à Chicago autour du jazz, et restauré par la Fondation Jean Rouch