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Regard
img © TS Productions / Manon Ott / Grégory Cohen

La Revue Documentaires

N°28 - Disparition(s)




Disparition, perte, quête sont des thèmes avec lesquels le cinéma dans tous ses aspects se sent, dès ses débuts, en affinité. Le cinéma est dans son essence même art de la disparition : art du temps enregistré dans sa fuite où les acteurs se meurent à petit feu. Chacun de ses instants tente de retenir l’instant précédent, tout entier consacré à magnifier la perte du temps qui passe.


Le travail de représentation du réel à l’œuvre dans le documentaire, dans sa tentative de fixer l’instant pour l’éternité, s’organise de fait autour de la disparition même, de la fuite de l’objet filmé à travers la fuite du temps. Lorsque le sujet de la perte devient le sujet du film lui-même, le cinéaste parle à sa manière de ce qui est constitutif de l’acte de documenter.



Le documentaire a été travaillé, ces dernières années, par les mutations profondes à l’œuvre dans le champ politique, économique et social. Certains films ont décrit magistralement les processus de déclassement, de marginalisation inscrits dans un mouvement de paupérisation et de destruction du tissu social innervant des villes entières. D’autres films arpentent les traces du passé, ou encore révèlent la résurrection urbaine après le désastre, la résistance de ceux qui restent. Ils décrivent comment de nouvelles idées apparaissent sur les ruines du XXe siècle et de son rêve de progrès éternel. La thématique de la perte peut alors être abordée comme abandon nécessaire pour une recomposition des forces de vie.

Numéro coordonné par Catherine Bot et Michelle Gales


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