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Regard
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Pasolini, cinéaste civil

Revue Cinémas n°27



"Le poète civil possédait une connaissance qui transcendait le monde ; il occupait, comme le lion, une position de supériorité, d’où il pouvait observer et connaître pour "dévorer", pour s’approprier des choses, pour se représenter son appartenance au monde et l’action à y accomplir."
Silvestra Mariniello


L’année 2015 a marqué le quarantième anniversaire de l’assassinat de Pasolini.

Le dossier "Pasolini, cinéaste civil" cherche cependant à faire entendre le désir de vivre du cinéaste et à faire comprendre comment ce désir de vivre trouve dans le cinéma son médium idéal.
Regarder Pasolini par le prisme de cette vie vécue - en privilégiant l’infini plan-séquence de son action contre l’opération réductrice du montage-mort - nous paraît être le seul geste qui puisse laisser entendre le sens et l’actualité de son engagement dans la réalité historique italienne et mondiale, et rendre compte de sa recherche passionnée d’une immanence au réel, un réel toujours contradictoire et concret.

Pasolini revendique "un amour désespéré pour la réalité", que le cinéma lui permet de mettre à l’épreuve et de développer.

"Les problèmes ne se résolvent pas, ils se vivent… et la vie est lente" récite la voix off à la fin du Carnet de notes pour une Orestie africaine. Cette lenteur chargée de l’expérience des peuples et des individus - d’un hors-champ que Pasolini cherche à faire passer dans le champ de la caméra, de "réalités interdites de représentation" qui, "mises au jour", opposent résistance à la représentation et en montrent le nécessaire échec - coexiste avec l’action inlassable du poète contre la "normalité" et la fausse tolérance des petites bourgeoisies du monde.

Au sommaire de ce numéro en partie consacré à Pier Paolo Pasolini :
À quoi bon des poètes... par Silvestra Mariniello
Pasolini, années 1940-1942 : généalogie d’une poétique antifasciste par Anne-Violaine Houcke
Un cinéma blessé : Pasolini et le mythe de la ville intacte par Marco Bertozzi
"Seuls les marxistes aiment le passé" : le tiers-mondisme de Pier Paolo Pasolini dans le genre des appunti par Luca Caminati
Le Pasolini des derniers temps dans le "maintenant" de sa lisibilité par Hervé Joubert-Laurencin
Du développement du capitalisme à l’infini plan-séquence : les quatre "utopies" de "Porno-Teo-Kolossal" par Julie Paquette


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