film-documentaire.fr | PORTAIL DU FILM DOCUMENTAIRE

img img
"La Fièvre" - Safia Benhaim
img

Brigitte Bacheley | Le journal - Festival Entrevues 2014


Retour fiévreux au pays natal, le Maroc.

Pas besoin dès la première image ou plutôt le noir écran, souvent utilisé tout au long de ce court, d’hurler sur le projectionniste !

"Les noirs, explique Safia Benhaim, c’est le délire de la fièvre, un espace mental obscur d’où peuvent surgir des visions."
Safia Benhaim, née en France de parents réfugiés politiques marocains, se "nourrit" de bribes de leurs souvenirs. On suit de dos la plupart du temps une enfant de neuf ans, une nuit de fièvre, une musique lancinante dès le début monte comme dans un film fantastique, des images furtives, un lieu à la fois abandonné et en construction, une traversée d’une rue de Meknès, que comprendre ?

"Ce n’est pas un documentaire, mais une histoire réinventée à partir des souvenirs fragmentaires de ma mère. Mes parents ne pouvant retourner au Maroc, j’y allais seule, enfant, voir ma famille. Ce que je percevais du Maroc ne correspondaient pas à ce que mes parents me racontaient : l’exil crée un pays mental, imaginaire, qui venait doubler ma vision. Je voulais raconter une histoire intime du Maroc, racontée par des fantômes, à partir de l’enfance pendant la décolonisation, jusqu’aux luttes marxistes des années 70 ; mais je voulais filmer au présent, depuis des luttes actuelles, celles des manifestations du Printemps arabe de 2011.

La mer, insiste Safia Benhaïm, est omniprésente dans le film car elle est un seuil, qui sépare le pays natal du pays d’exil. Le fantôme de l’exilée revient depuis l’autre côté de la mer. Mais une fois revenue dans son pays natal, pour retrouver sa mémoire perdue, l’exil est toujours là."

+ Fiche du film