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Le Génie du mal
© 13 Productions
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COMMENT VISIONNER CE FILM ?

Une reconstitution historique remarquable, nourrie de témoignages des proches du grand compositeur russe, Alexandre Lokchine (1920-1987) qui après avoir été banni et accusé de trahison, a été réhabilité. Le film est construit autour de l’histoire de Lokchine et de celle de son fils qui s’est battu pour sa reconnaissance, à la recherche de la vérité... Ce grand compositeur, soupçonné d’avoir collaboré avec le KGB et d’être un délateur, avait été banni de la communauté intellectuelle. Sa musique était condamnée à ne jamais être jouée, car dans le milieu très fermé de l’Intelligentsia russe, on le désignait alors comme le "génie du mal". Son fils rencontre alors un ancien du camp de la Kolyma, Semion Vilenski. A son retour du Goulag, ce dernier a créé la maison d’édition "Le Retour" qui depuis quinze ans, rassemble et interroge les textes des anciens déportés. Après avoir lu le livre que Lokchine fils a écrit sur son père, il témoigne : "Cette affaire est pour tous exemplaire. Il faut comprendre que jamais une police ne livre ses informateurs ou alors elle les supprime elle-même. Il y avait dans nos services, des départements spéciaux travaillant de manière très consciente et organisée sur le brouillage des témoins et des témoignages. Une technologie de mise en réseau de déclarations partielles (...) Un véritable catalogue d’expressions attribuées à tel ou tel, une alchimie du presque vrai et du à moitié faux (...)" En 1987, Alexandre Lokchine meurt. En 1990, quand les archives d’État deviennent accessibles, son fils, sa veuve, ses amis cherchent à comprendre. En mars 2002, un document officiel des Services de Sécurité le disculpe totalement. Le 29 mai 2002, à l’initiative du mouvement "Le Retour", société historique et littéraire regroupant d’anciens détenus du Goulag, a lieu à Moscou la première représentation publique du Requiem composé par Alexandre Lokchine, en 1949. Alexandre Lokchine n’a dénoncé personne et pourtant des preuves accablantes, des faits incontournables, des dossiers écrasants sont là, et ses amis revenus des camps ont effectivement été dénoncés. Nombreux sont ceux qui ont été confrontés malgré eux à la logique infernale des interrogatoires. La question que pose le film n’est pas de savoir qui a dénoncé, mais comment ces montages et manipulations ont pu aussi facilement être considérés comme des évidencesᾀ

In 1987, Alexandre L. Lokchine died. In March 2002, an official document delivered by the Security Services exonerates him completely. The film is built around both A. Lokchine and his son's story who fought for his recognition, searching the truth. Alexandre Lokchine never denounced anybody. Nevertheless, the proofs, the facts, the dossiers are there - and the friends who returned with these stories had effectively been denounced. Many are those who, in spite of themselves, were confronted to the infernal engine: the one of the interrogations, the interrogators and the interrogated. The film is related to the Requiem. The aim is to gather, around the partition, those who, holding the violin bow, placing their hands over the keyboard or with their voice want to know, not who denounced, but how what will reveal itself as a totally false setting could so easily get to be considered as evidence.

Distinctions
  • 2004 : Sacem - Paris (France) - Mention spéciale Sacem du meilleur documentaire musical de création