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Lettre à mes amis restés en Belgique
© Paradise films
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COMMENT VISIONNER CE FILM ?

Lettre à mes amis restés en Belgique, c'est avant tout un homme qui marche dans la ville, d'amis en amis, de cafés en galeries, de librairies complices en copains qui reviennent du Mexique. Boris Lehman mérite bien le bain de pieds qu'il s'accorde avant la fin de cette longue promenade pédestre.
Lettre à mes amis restés en Belgique, c'est donc l'histoire d'un homme qui voyage physiquement et non pas seulement mentalement, comme il serait satisfaisant pour l'esprit de le concevoir. Les exodes immobiles ont été nombreux depuis Raymond Roussel. Ils sont même devenus les stéréotypes à leur tour de la modernité littéraire et cinématographique. Boris Lehman échappe au second stéréotype qu'un tel film appelle : l'errance. Inutile de développer. On a même évoqué un courant cinématographique qui porterait ce qualificatif dans les années septante.
À son image, la ville se désagrège et tout le royaume semble menacé. Le film est le journal intime et l'autoportrait du cinéaste Boris Lehman qui se met en scène et joue son propre rôle à l'écran (comme les quelques centaines d'amis qui ont accepté d'être «babélisés»), mais c'est aussi une fiction qui narre les mille et une aventures d'un héros en mal de vivre et d'aimer. C'est un film sur l'amitié et l'intimité écrit à la première personne, qui place Boris et Bruxelles (Babel et Bruegel), à l'instar de Dziga Vertov, L'Homme à la caméra, au centre de l'univers, ici figuré par la spirale folle et vertigineuse de la tour biblique.

The first episode of a film tetralogy called Babel.
Letter to my triends who stayed in Belgium
narrates the day-to-day existence of a film-maker who is making a film about Babel and who has a notion to follow in the footsteps of dramatist Antonin Artaud and visit the Tarahumara people of Mexico. Of no fixed abode, he wanders around the city where he feels at home - Brussels - but eventually sets off for Mexico. On his return, nothing is in quite the same place and people have changed. The problems left behind resurface. He loses his employment, has to find new lodgings, quarrels with his friends and - from being the most sociable of persons - ends up on his own, mournfully singing Parlez-moi d'amour ! Likewise, the city is disintegrating and the whole kingdom seems threatened. This film is a diary and self-portrait of film-maker Boris Lehman who films himself and plays his own role (as do several hundred friends and acquaintances who all agreed to be babelized), but at the same time it is a fictional account of the thousand and one adventures of a hero who finds it hard to cope with life and love. This is a film about intimacy and friendship, written in the first person; after the manner of Dziga Vertov - The Man with the Movie Camera (1929) - it places Boris and Brussels, Babel and Bruegel, in the centre of the universe, here represented by the crazy, vertiginous, endless spiral of the biblical Tower.

À propos du film