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La Voix de son maître
AUTEUR(S)-RÉALISATEUR(S)

Gérard Mordillat, Nicolas Philibert

PRODUCTION / DIFFUSION

Laura productions, INA - Institut National de l'Audiovisuel

ORGANISME(S) DÉTENTEUR(S) ou DÉPOSITAIRE(S)

ADAV, BnF - Bibliothèque Nationale de France, Blaq out, Dissidenz Films, Universciné

ISAN : non renseigné - en savoir plus
COMMENT VISIONNER CE FILM ?

Michel Barba, directeur de l’entreprise Richier, juge affreux le titre du film de Nicolas Philibert et Gérard Mordillat : La Voix de son maître fait songer à un maître et à son chien. Il propose : Les Patrons. Les autres chefs d’entreprise poussent le débat plus loin et s’accordent finalement sur le titre qui leur convient le mieux : Les Gagneurs. La franchise affichée par Philibert et Mordillat dans ce film constitue une attitude aussi analytique que subversive. Car c’est justement parce que les réalisateurs ne font pas mystère du titre choisi, de leur point de vue et de leurs intentions, qu’ils réussissent à démasquer la réalité propre dans laquelle se projettent les grands directeurs et managers. Dans des plans longs, sans découpage ni commentaire, les patrons parlent de leurs relations avec les employés et les syndicats, définissent leur rapport au pouvoir de l’État et justifient leur propre puissance économique. La Voix de son maître n’est pas un pamphlet militant, mais une analyse engagée du discours des patrons de grandes entreprises et de leurs tentatives de légitimation. Les intonations, les gestes, les espaces, voire les meubles, sont partie intégrante du film au même titre que les déclarations et les arguments avancés. Certains directeurs se posent en patriarches sûrs d’eux-mêmes, assis chez eux dans de somptueux fauteuils. D’autres apparaissent plus modestement assis sur de simples fauteuils de bureau. Par une écoute et un regard attentifs, Philibert et Mordillat réussissent une critique subtile de cette réalité propre des patrons dont le pouvoir se fait, au fur et à mesure du film, toujours plus équivoque.

For Michel Bara, the director of Richier, the title proposed by Philibert and Mordillat for their film ist simply "atrocious". La Voix de son maître does of course evoke the idea of a dog and his master. He proposes Les Patrons as an alternative. The directors around the table pick up this idea and come up with an agreement on Les Gagneurs.
The frank and open attitude of Philibert and Mordillat’s film is both analytical and subversive. In proposing their title, their position, and their intentions, the authors succeed in making the complacence of company directors and managers. At the same time the filmmakers manage to avoid any form of conflict with their critics by restraining from comment. In long, uncut and uncommented sequences, the bosses describe their relationship to their employees and the unions, define their relationship to state power and justify their own economical authority.
La Voix de son maître is by no means a militant pamphlet. It is rather an analysis of the executives and their attempts at self-justification. The film focuses not only on declarations and argumentations, but also on gestures, intonations, rooms, and even furniture. Some of the directors present themselves as assertive patriarchs at home in their luxurious sofas, while others sit modestly on a simple office chair in their company, conveying the perfect image of competent managers.