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El Telón de Azúcar
Le Rideau de sucre
© Paraíso production diffusion
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COMMENT VISIONNER CE FILM ?

"Filmer l’école à Cuba peut se concevoir comme une entreprise de dénonciation des mensonges de la propagande communiste et de l’embrigadement de la jeunesse. La démarche de Camila Guzmán Urzúa est plus intime, plus déchirée aussi. Deux images l’évoquent : un jeune homme fouille dans une boîte à biscuits pour en extraire des photos de ses parents, jeunes militants de la révolution, et une photo de classe de la réalisatrice. Celle-ci fait ensuite la liste de ceux qui se sont exilés, liste si longue que l’on comprend qu’il n’en est resté qu’un, le jeune homme à la boîte de biscuits. Le film est l’histoire du chemin qui sépare ces photos, où la petite voix de l’autobiographie questionne les représentations officielles de l’histoire, pro ou anticastristes. L’école à Cuba, pour Camila, c’est d’abord une affaire de ton et de goût. Le ton de belles vacances, certes un peu spéciales, dans les camps de pionniers, où les enfants placés "au contact des travailleurs" se retrouvaient entre eux, loin de l’autorité rabat-joie des parents. Le goût, c’est le sucré des goûters, de pâtisseries et de jus de fruits. Les goûters ne sont plus qu’un souvenir, la colonie modèle des pionniers tombe en ruine. Des souvenirs amers ternissent l’image sucrée de l’école du socialisme : les punitions, la délation au quotidien, et le réveil brutal de la "période spéciale". Si le film questionne inlassablement ce déni de la réalité, il puise sa force dans la permanence de son regard à l’échelle d’une cour d’école, aux dimensions d’un quartier. Le mensonge des dirigeants ne peut cacher le rêve de la population, celui d’une société solidaire. Ce rêve brisé est filmé comme une photo qui se désagrège avant de se déchirer, une photo d’enfants qui ont grandi à l’intérieur du rêve et l’ont vu se dissiper avec leur propre jeunesse. La société cubaine ne se divise pas entre pro et anti-castristes, entre "restés" et "partis", mais à l’intérieur des familles déchirées par l’exil. Récit douloureux d’une génération d’orphelins, d’orphelins d’un rêve." (Yann Lardeau)

Making a film about a Cuban school could be conceived as an attempt to denounce the lies and propaganda of Communism. Camila approach is more personal, and her standpoint painfully divided. This is revealed by two images: a young man rummaging in a biscuit box for photos of his parents, who were young revolutionaries, and then there is the filmmaker’s school photo. She goes through all her classmates who went into exile, and the list is so long that we understand the only one left is the young man with his biscuit box. The film is the story of the distance that separate these photos, of the country’s history certainly, but first and foremost, the history of a generation, where the small voice of autobiography challenges the official representations of history, whether these be pro or anti-Castroist.

Distinctions