film-documentaire.fr | PORTAIL DU FILM DOCUMENTAIRE

img img
Haruki Yukimura & Nana-Chan - Rituel érotique au Japon
© Xavier Brillat
1/1
AUTEUR(S)-RÉALISATEUR(S)

Xavier Brillat

PRODUCTION / DIFFUSION

Xavier Brillat

ORGANISME(S) DÉTENTEUR(S) ou DÉPOSITAIRE(S)

Xavier Brillat

ISAN : ISAN 0000-0002-58C4-0000-D-0000-0000-Z
COMMENT VISIONNER CE FILM ?

Les liens du cinéma avec l’univers du fantasme, le voyeurisme et l’érotisme sont bien connus. Du désir au plaisir (des protagonistes), de la pulsion scopique à la gêne (des spectateurs), le film de Xavier Brillat en joue, nous mettant dans une situation inconfortable.
Quelque part au Japon, un homme, Haruki Yukimura et une femme, Nana-Chan, s’adonnent au bondage. Mais la lenteur des gestes, la douceur des voix, le parti pris d’enchaîner les scènes par des fondus au noir, la présence ténue de bruissements de la nature, tout nous invite à sortir de l’évidence voyeuriste.
D’une situation qui ne pourrait être qu’érotique, le film nous amène peu à peu vers la performance, la cérémonie ritualisée : le corps de la femme, corps attaché, corps soumis, corps contraint, lieu d’inscription du nouage patient et méticuleux de l’homme, nous offre une succession de poses, sinon d’étapes. Pour qui ? Pour elle, pour lui, pour nous ?
À l’ambiguïté de la situation filmée répond celle de l’homme et de la femme : elle, tout uniquement actrice (elle devient l’objet d’un spectacle) et modèle (elle abandonne son corps à la pose), s’offre à la jouissance de l’autre comme à la sienne propre ; lui par la médiation des cordes et des liens, évolue entre regard et toucher, entre précision du geste et jouissance de l’image.
Tous deux, comme la distance adoptée par Xavier Brillat, renvoient à notre propre regard, dans un mouvement paradoxal d’appropriation et de distance, dans ce qui pourrait être une double métaphore, du lien amoureux et du lien du regardeur avec l’objet de ses fantasmes. (Nicolas Feodoroff - FIDMarseille)

The links between the cinema and the world of fantasy, voyeurism and eroticism are well established. Xavier Brillat’s film plays on these, from the desire and pleasure (of the protagonists) to the compulsion to watch and unease (of the audience), making us feel uncomfortable.
Somewhere in Japan a man, Haruki Yukimura, and a woman, Nana Chan indulge in bondage. Yet the slowness of their gestures, the gentleness of their voices, the faint murmurings of nature and Brillat’s decision to link the scenes together with fade-outs into darkness, all conspire to draw us out of a simply voyeuristic position.
From a situation which could only be erotic, the film gradually leads us towards performance, towards ritualised ceremony: a woman’s body, tied up, submissive and constrained and the man’s preoccupation with patient and meticulous knotting present us with a succession of poses and stages of intensity. For whom? For her, for him, for us? The ambiguity of the man and woman is in tune with the ambiguity of this filmed situation: the woman is at once an actress (she becomes the focus of a show) and model (she gives her body over completely to a pose), offering herself up to the man’s sensual pleasure as well as her own. The man reaches climax with ropes and binding, through looking and touching, precise gestures and revelling in what he sees before him.
The two of them, like the distance which Xavier Brillat has adopted, look back to confront our own gaze – in a contradictory movement which is both possessive and distant and could be a double metaphor – the bond of love and the bond between a beholder and the object of his fantasies. (Nicolas Feodoroff - FIDMarseille)

À propos du film

Distinctions