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Soundbreaking
© Show of Force
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AUTEUR(S)-RÉALISATEUR(S)

Maro Chermayeff, Christine Le Goff

AUTEUR(S)

Romain Pieri

MONTAGE

Howard Sharp, Sam Pollard, Nancy Novack, Jay Keuper, E. Donna Sheperd

PRODUCTION / DIFFUSION

Show of Force, MDAM (Ma drogue à moi), ARTE France

ORGANISME(S) DÉTENTEUR(S) ou DÉPOSITAIRE(S)

PBS International, Fremantle, ADAV, ARTE Éditions

ISAN : non renseigné - en savoir plus
COMMENT VISIONNER CE FILM ?

Enregistrer la musique relève, depuis plus d'un siècle, de la formidable épopée artistique et technologique. En six parties, Soundbreaking en retrace les plus belles p(l)ages.

1. La Fée électricité
Au coeur du premier épisode, la révolution qu'a constitué l'arrivée, dans le monde de la musique populaire, de l'électricité et de ses deux enfants naturels : la guitare électrique puis le synthétiseur. Cette révolution en effet, c'est d'abord en rendant possible l'amplification des instruments acoustiques et, au premier chef, de la guitare, qu'elle a lieu. Du pionnier Charlie Christian au dieu Jimi Hendrix en passant par Muddy Waters, The Rolling Stones ou Cream, ce sont quelques-uns des plus grands maîtres de la guitare électrique qui sont évoqués ici. Cette révolution toutefois, si elle permet à la guitare de jouer plus fort et de faire entendre des sons jusqu'alors inédits, elle donne également naissance à un nouvel instrument et avec lui, à de nouveaux univers sonores : le synthétiseur. Musique électronique (Kraftwerk ou Jarre), pop-rock (The Who ou Stevie Wonder) ou musiques de danse (disco ou French Touch), très vite, l'instrument devient omniprésent… 

2. La Magie du studio
C'est à la plus importante révolution technique et esthétique de l'histoire de la musique enregistrée qu'est dédié cet épisode : celle du multipiste, qui permet l'enregistrement et le réenregistrement de plusieurs sources sonores. D'un lieu simplement destiné à capter la performance des musiciens, le studio se transforme alors en véritable laboratoire où toutes les manipulations sont désormais possibles. Les Paul, son brillant inventeur; Pierre Schaeffer, son pionnier méconnu; les Beatles et leur producteur George Martin, ses maîtres incontestés; Brian Wilson, son génie torturé; Pink Floyd, ses audacieux expérimentateurs... c'est aux figures majeures du multipiste, dont la plupart témoignent ici elles-mêmes, que le film rend hommage. A leurs héritiers aussi, tenants du home studio et de l'informatique musicale. Fascinant récit de la manière dont la musique populaire est entrée dans la modernité.        

3. Profession producteur
C'est ici au mystérieux personnage qu'est le producteur de disques que s'intéresse la série. Loin des clichés, le film dresse le portrait d'un maillon essentiel du monde musical, qui doit être, au même titre que les musiciens qu'il aide à accoucher de leur oeuvre, considéré comme un artiste. Charles Delaunay, Sam Phillips, Berry Gordy, George Martin, Phil Spector, Dr Dre, Renaud Letang, Rick Rubin : c'est de ces artistes et de leur rôle véritable dans le processus de création qu'il s'agit ici. Et, naturellement, des musiciens dont ils sont indissociables : Django Reinhardt, Elvis Presley, les Beatles, Tina Turner, Manu Chao ou Johnny Cash...

4. Trouver sa voix
Du rudimentaire cornet dont Caruso fût la star au logiciel Auto-Tune dont le Believe de Cher a été le premier tube, ce sont plus de cent ans de bouleversements techniques que retrace le film. D'esthétiques vocales aussi, nées de ces bouleversements. L'art du crooning de Crosby ou Sinatra; l'esthétique du murmure chez Gainsbourg; la recherche d'authenticité menée par les grandes voix de la soul, de Ray Charles à Amy Winehouse; celle, au contraire, de l'artificialité à l'oeuvre chez Kraftwerk ou Kanye West... pour les chanteurs, les producteurs et les ingénieurs du son, autant de manières différentes de faire usage de la voix et de l'enregistrer. Un seul et même défi pourtant : réussir à capter, pour la faire entendre, l'âme de la chanson qu'est l'émotion délivrée par la voix...

5. Du 78 Tours au fichier MP3
Plus que de simples supports de diffusion de la musique, disques, cassettes, CD ou MP3 revêtent, à plus d'un titre, une importance majeure. Reflets de l'époque qui les a vu naître, ils jouent un rôle social et sont bien souvent les manifestations concrètes des conflits de génération. Contraintes techniques imposées aux créateurs, ils ont été mères de l'invention et ont eu, sur la musique, de considérables conséquences artistiques. La guerre qui opposa le 33 au 45 tours, l'invention par Sinatra du concept album, la révolution menée par Dylan avec son single Like a rolling stone, la cassette audio et l'usage qu'en firent les fans de Grateful Dead, l'avènement du vidéoclip, la mise au point du MP3, l'exploitation du potentiel d'internet par Stromae ou Beyoncé... voilà quelques-uns des chapitres de la passionnante histoire que raconte le film.

6. Générations sample
Défini comme la pratique consistant à prélever un échantillon d'une composition musicale préexistante pour l'insérer, souvent en boucle, dans une nouvelle, le sampling, bien que tout droit venu du dub jamaïcain, du funk de James Brown et du disco, est d'abord l'oeuvre des musiciens de hip hop. Afrika Bambaataa, Darryl McDaniels de RUN D.M.C, Chuck D de Public Enemy, Adam Horovitz des Beastie Boys, RZA du Wu-Tang Clan ou Akhenaton : ce sont les acteurs majeurs de cette révolution technique et artistique qui en font eux-mêmes le récit. Qui en prennent la défense aussi : considéré comme du vol par l'industrie musicale, le sampling a en effet donné lieu à d'innombrables procès qui l'ont rendu aujourd'hui presque impossible, au grand dam des rappeurs et de leurs producteurs, qui en parlent ici avec nostalgie. Plongée inédite dans une pratique en réalité aussi ancienne que la musique elle-même...    

À propos du film
Distinctions