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Revolutsioon, mida polnud
La révolution qui n'a pas eu lieu
The Revolution that wasn’t
© Matila Röhr Productions
1/1
  • Estonie, Finlande | 2008 | 96 minutes | Vidéo
  • Un film de Aljona Polunina

"La révolution qui n'a pas eu lieu tient de la poupée russe. Son contenu ne cesse de se ramifier. Avec ses poings tendus à la croisée du salut hitlérien et du poing levé des communistes, son mixte de drapeau nazi et de drapeau rouge, ses slogans exaltant la mort et la révolution, ses bustes de Lénine, son gourou, Édouard Limonov, et sa diva, Natacha Chernova, le Parti national bolchevique (PNB) est incontestablement le personnage central du film. Si les militants du PNB y répètent "Octobre" d’Eisenstein, le film nous présente simultanément le double visage de l’opposition dans la Russie de Poutine, d’un côté, "L’Autre Russie", un attelage de forces contradictoires (Kasparov, Kassianov et Limonov), de l’autre le gant de fer de la répression. Un complot révolutionnaire, ombre inversée de celui du pouvoir, des trains disparaissant, corps et âmes, dans la nuit, un cercle de policiers se refermant sur des manifestants isolés, la structure du film est proche de Ice de Robert Kramer. Un miroir de guingois dans une sacristie diffracte cette scène politique dans l’opposition de deux destinées, celle d’un père et de son fils, militants du PNB, l’un, brisé par la police, cherchant le salut en Dieu, l’autre aguerri par la prison. Flanqués de leurs doubles (un pope ex-membre du PCUS, et un jeune cadre du PNB, inquiet du silence du croiseur Aurore), ces deux figures dostoïevskiennes égarées dans le XXIe siècle substituent à l’enjeu politique immédiat, une question plus radicale : celle de l’identité russe aujourd’hui."
(Yann Lardeau)

Revolutsioon, mida polnud is akin to a Russian doll. Its content has endless ramifications. The National Bolshevik Party (NBP) is unquestionably the central character of Iliona Polunina’s film. If the NPB activists are following in the steps of Eisenstein’s October, the film shows us the double face of the opposition in Putin’s Russia. On one side, the “Other Russia”, a teaming-up of contradictory forces (Kasparov, Kassianov and Limonov), and on the other, the iron fist of repression. This political confrontation climaxes in the opposition of two destinies, that of a father and his son, both NBP activists, one broken by the police and now in search of divine salvation, the other hardened by prison. These two Dostoyevskian figures, adrift in the 21st century, shift the question of the direct political stakes to a more radical one, that of Russian identity in today’s world.

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