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La Santé, une prison dans Paris
© Les Films d'ici / ARTE France
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COMMENT VISIONNER CE FILM ?

L’architecture du XIXe siècle est riche en inventions : les gares de chemin de fer, les usines, les bourses, les passages couverts, les musées et les prisons : des prisons monumentales, conçues selon des principes nouveaux, à la fois utopiques et brutalement fonctionnelles. Elles sont la traduction en pierre des peurs et des aspirations des nouvelles classes dominantes.
La peine d’emprisonnement elle-même est une idée neuve. Apparue au milieu du dix huitième siècle, elle est, pour ses partisans, plus humaine, plus rationnelle que les châtiments corporels qui prévalaient jusqu’à lors. Un progrès, la peine moderne par excellence, qui permet à la fois de "surveiller et punir", selon les mots du philosophe Michel Foucault.
À la nouvelle peine correspond un programmé architectural nouveau : la prison cellulaire où les détenus sont enfermés en cellule individuelle, outil de punition et, veut-on croire, de rédemption morale. Ainsi l’architecte remplace le bourreau, et devient, comme le dit un texte de l’époque, "le premier exécuteur de la peine, le premier fabricateur de l’instrument de supplice".
À la pointe de la réflexion théorique sur l’enfermement, la Prison de la Santé, fut construite à Paris entre 1861 et 1867 par Emile Vaudremer. Prison modèle, obsédée d’hygiène physique et morale, prison moderne, disposant des équipements les plus avancées de son temps, elle montre une face sombre de l’architecture : une architecture d’où tout plaisir est absent, où seule compte l’efficacité, le contrôle. Ici, il n’y pas de place pour l’imaginaire ou la fantaisie d’un architecte. C’est le corps social qui parle.