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Le Lion, sa cage et ses ailes - 1. Montbéliard
© Les Voyelles / La Parole errante
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COMMENT VISIONNER CE FILM ?

""Montbéliard ville espagnole, ville arménienne, ville polonaise, ville géorgienne, ville maghrébine..." Cette présentation de la ville est avant tout celle de toutes les communautés qui la composent et qui travaillent chez Peugeot. Quatre hommes vont plus précisément représenter cette diversité : Abdallah, Marocain, délégué CFDT ; Gian Luca, Italien, ouvrier aux presses ; Vicente, Espagnol et ancien toréro, délégué CGT ; Radovan, Yougoslave, OS. C'est Jacky, ajusteur, du groupe des Polonais, qui donne sa signification au titre en montrant les sculptures qu'il a réalisées à partir de pots d'échappement, pompes à vélos et soudures : un lion qui représente l'usine Peugeot ; la ville de Montbéliard - la cage du lion - figurée par son château ; les ailes du lion, qui symbolisent toutes les communautés étrangères. Un commentaire off fait le lien tout au long du film : l'agglomération, "une nébuleuse" de bourgs et lieux-dits ; les différents groupes de population (réunions familiales, fêtes, musique, marchés) ; le rythme du travail à la chaîne qui, pour certains, commence à 3h du matin ; les transports, en bus ou en cyclomoteur. Gian Luca : "Quand on arrive, on s'imagine qu'on va trouver la culture française, celle de Victor Hugo, celle du théâtre de Molière, dans toutes ces maisons d'art, mais pour les immigrés la culture française signifie surtout le long couloir de la Préfecture et tous les papiers pour avoir une carte de séjour."
(Stéphane Gérard)

En 1975, le Centre d'animation culturelle de Montbéliard invite Armand Gatti à créer une œuvre en collaboration avec la population de la ville. Il observe ainsi Montbéliard, deuxième concentration ouvrière de France, dominée par Peugeot. La ville héberge 10 000 émigrés pour une population de 35 000 habitants. L'hypothèse première : "un film, le vôtre" - ou l'histoire d'une ville racontée par ses habitants - devient une histoire des habitants dont le lien commun est l'exil.
Cette présentation de la ville est avant tout celle de toutes les communautés qui la composent et qui travaillent chez Peugeot. Quatre hommes vont plus précisément représenter cette diversité : Abdallah, Marocain, délégué CFDT ; Gian Luca, Italien, ouvrier aux presses ; Vicente, Espagnol et ancien toréro, délégué CGT ; Radovan, Yougoslave, OS.
"Ce sont eux, immigrés O. S. chez Peugeot ou manœuvres dans le bâtiment, qui ont tiré, véhiculé, écrit, pensé, joué et même dansé le film", précise la voix d’Hélène Chatelain au début de Montbéliard. Pour rendre compte de la diversité des conditions ouvrières, toutes soumises aux même cadences, à la même administration et à la même exploitation, pourtant toutes irréductibles, il fallait cette série organique de films qui, précisément, échappe à l’ordre capitaliste et n’obéit à rien : ni format, ni bonnes mœurs audiovisuelles, ni facilités politiques. Privilège est ici donné aux réflexions, aux inventions, aux désirs, aux nostalgies, aux révoltes de ces consciences qui refusent leur réduction à l’état de force de travail aliénée.