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La Langue de Zahra
© 24 Images Vidéogram productions
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AUTEUR(S)-RÉALISATEUR(S)

Fatima Sissani

IMAGE

Olga Widmer

SON

Olivier Krabbé

MONTAGE

Anne Lecour

PRODUCTION / DIFFUSION

24images, LMTV (Le Mans Télévision)

PARTICIPATION

Scam - Brouillon d'un rêve

ORGANISME(S) DÉTENTEUR(S) ou DÉPOSITAIRE(S)

24images, ADAV, La Maison du doc, Musée National de l'Histoire de l'immigration, L' Harmattan TV, L' Harmattan TV

ISAN : non renseigné - en savoir plus
COMMENT VISIONNER CE FILM ?
  • France | 2011 | 93 minutes | Digital vidéo
  • Un film de Fatima Sissani

Les Kabyles existent d’abord par la parole. Chaque geste, chaque instant de leur quotidien peut donner lieu à une langue de vers, de métaphores, de proverbes... Ne dit-on pas que dans ces contreforts montagneux dont ils sont les hôtes, la joute oratoire était un exercice courant ?
Une réalité qu’on se représente mal lorsque l’on plonge dans la société de l’immigration où ces hommes et femmes, souvent analphabètes, sont relégués exclusivement au rang d’ouvriers et de femmes au foyer... On imagine alors mal les orateurs qu’ils deviennent lorsqu’ils retournent dans leur langue.
Cette réalité, je la pressentais. J’en ai réalisé toute l’acuité, mesuré la dimension en filmant ma mère, son quotidien et son histoire. J’ai vu, fascinée, une femme arrimée à sa langue de façon indéfectible. Une femme dévoilant une oralité transmise de génération en génération. Une langue charriant éloquence et poésie pour dire l’enfance bucolique, l’exil, la pauvreté... Cette langue, c’est l’ultime bagage que des milliers d’émigrants kabyles ont emporté avec eux… Une langue pour se construire un ailleurs qui ne soit pas que l’exil.

The Kabyls exist primarily through speech. Each gesture, each instant of their daily life flows into a verse, a metaphor, a proverb… After all, in the mountainous fortress that they’re patrons of, oratory prowess is the most prevalent activity.
This is a reality that one cannot fully apprehend in the society of immigration when confronted with these men and women – often illiterate – relegated to the borders as labourers or household helps. It is hard to imagine the eloquent orators that they become when they switch back to their mother tongue.
I sensed this reality and measured its intensity and calibre by filming my mother, her history and her present.
I watched, fascinated, this woman who held on unshakeably to her mother tongue. A woman who reveals an orality that has been transmitted from generation to generation. A language that brings together poetry and eloquence to talk about bucolic childhood, exile or poverty… This language is the ultimate intelligence that most Kabyls carry with them…A language with which they can construct an “elsewhere” for themselves that isn’t just exile.

Distinctions