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Aux rêveurs tous les atouts dans votre jeu
© Mehdi Benallal
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AUTEUR(S)-RÉALISATEUR(S)

Mehdi Benallal

IMAGE

Mehdi Benallal, Christophe Clavert

MONTAGE

Mehdi Benallal

PRODUCTION / DIFFUSION

Mehdi Benallal

ORGANISME(S) DÉTENTEUR(S) ou DÉPOSITAIRE(S)

Mehdi Benallal, ADAV, L' Harmattan TV

ISAN : non renseigné - en savoir plus
COMMENT VISIONNER CE FILM ?

Sous l’aqueduc d’Arcueil, les nuages glissent, le soir tombe. Séparés par des plans fixes sur cet élément urbain majestueux à quelques encablures d’une porte de Paris, quatre récits de rêves découpent un monde parallèle. D’autres arcs : les volutes d’une fiction entraperçues par l’esprit du rêveur qui associe sans s’en soucier, pense des choses impensables, palpite de peurs pour de faux. Un coup de fil étrange pendant le tournage d’un film japonais, des enfants clonés à l’hôpital puis jetés à la poubelle, un voyage sur un grand cercle bleu ou une soirée entre amis où "tu es là" : les rêveurs, face caméra, s’adressent au filmeur, mais ils n’ont pas tout à fait refranchi le pont. Est-ce le moment de la remémoration ? Celui de la récitation d’un rêve qu’ils ont déjà raconté, couché sur le papier, inventé ? Chacun semble fouiller dans un autre monde, en retirer avant la ruine des bribes de fiction. Mehdi Benallal capte avec une grande acuité d’écoute la précision que ces narrateurs recherchent, leur détermination à formuler des expériences, quitte à ressentir à nouveau l’onde de choc de l’effroi d’un cauchemar ou la nostalgie d’un rêve trop agréable. Battant les cartes du film de Robert Bresson Quatre Nuits d’un rêveur, ce titre qui cite un poème surréaliste signale une redistribution : Mehdi Benallal invente au récit de rêve une place de cinéma singulière, hors de l’interprétation freudienne, de l’écriture automatique et de la fiction onirique.
(Charlotte Garson, Cinéma du réel 2011)

Under the Arcueil aqueduct, clouds are gliding, night is falling. Separated by static shots of this majestic piece of urban architecture a stone-throw away from the Paris city limits, the stories of four dreams divide a parallel world. Other arches : the volutes of a fiction fleetingly glimpsed by the spirit of the dreamer who makes carefree associations, thinks the unthinkable, palpitates with unreal fears. A strange phone call during the shoot of a Japanese film, children cloned at a hospital then thrown into a dustbin, a voyage on a large blue circle or an evening with friends where “you are there” : facing the camera, the dreamers speak to the film-maker, but they have not quite re-crossed the bridge. Is this the moment of remembering ? When you recount a dream that you have already told, set down on paper, invented ? Each dreamer seems to search through another world, to retrieve the elements of fiction before they fall into ruins. A high quality of listening enables Mehdi Benallal to capture the precision sought by the narrators, their determination to formulate their experiences, even at the risk of feeling again the shock of fright engendered by a nightmare or the nostalgia of an excessively enjoyable dream. Shuffling the cards of Robert Bresson’s film Quatre Nuits d’un rêveur, this title – which refers to a Surrealist poem – points to a redistribution : Mehdi Benallal invents a special place in cinema for the narration of dreams, far from Freudian interpretation, automatic writing or dream-inspired fiction.
(Charlotte Garson, Cinéma du réel 2011)

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