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La Place
The Place
© Les Films du Poisson
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COMMENT VISIONNER CE FILM ?
  • France | 2011 | 100 minutes | Beta digital
  • Un film de Marie Dumora

"C’était un tas d’ordures. Et maintenant, on est là". Au pied des Vosges, la ville de Colmar a alloué après-guerre aux nomades un morceau de terrain, certains diraient un camp. Eux l’appellent la Place. Fidèle à sa méthode de filmage au plus près des individus – caméra à l’épaule et focale unique – Marie Dumora s’introduit dans le quotidien des familles. À demi sédentaires, elles vivent dans des caravanes coquettes, sauf le doyen Ramuncho, qui s’est construit une maison démontable, comme Buster Keaton. Le plein air facilite les échanges dans une communauté où chacun s’affaire à compenser le manque de confort. Comment uriner à l’abri des regards, ou protéger les enfants du passage des trains, qu’aucune barrière ne sépare de la Place ?
Mais la chronique du quotidien débouche sur un imaginaire bien plus riche que celui du documentaire de société. Ici, un petit garçon reçoit un cheval pour ses huit ans. Ici, une vieille femme qui fut, enfant, prisonnière au camp d’Argelès, raconte comme elle échappa à un raz-de-marée avec un souffle épique qui redonne tout son sens à l’expression "gens du voyage". Pourtant, bientôt, la Place sera rasée. Quand une jeune mère entre dans l’appartement qui remplace sa caravane, les premières images de son arrivée, quasi-rosselliniennes, bouleversent. Alors seulement, on comprend la justesse des propos de Ramuncho sur les États qui, partout, assignent les nomades à résidence : "Ils ne veulent plus qu’on voyage. On dirait qu’ils sont jaloux…"
(Charlotte Garson, Cinéma du réel 2011)

It was a rubbish dump. And now, we are here.” After the war, Colmar municipality allocated a piece of land at the foot of the Vosges to some gypsies. Some would say a campsite. The gypsies call it “La Place”. Faithful to her method of filming people as closely as possible — with the camera on her shoulder and a single lens — Marie Dumora enters the families’ daily life. Half sedentary, they live in well-kept trailers.
But the chronicle of their daily life opens up an imaginary world far richer than a world of social documentary. Here, a small boy receives a horse for his 8th birthday. There, an old woman, imprisoned as a child in the Argelès Camp, recounts how she escaped a tidal wave in an epic spirit that restores full meaning to the term “travellers”. Shortly, however, La Place will be razed to the ground. When a young mother enters the apartment that replaces her trailer, the almost Rossellinian images of her first arrival are disturbing. Only then does one understand the accuracy of what Ramuncho says about the governments everywhere that are placing gypsies under house arrest : “They don’t want us to travel any more. You could say they’re jealous.”
(Charlotte Garson, Cinéma du réel 2011)

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