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La vie est ailleurs
Life is on the Other Side
© La Vie est belle Films associés
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COMMENT VISIONNER CE FILM ?
  • France | 2011 | 58 minutes | DV Cam & Mini DV
  • Un film de Elsa Quinette

"Baboussia – c’est le surnom d’une grand-mère – a bien vécu. Elle veut partir maintenant, elle le dit sans appréhension à son entourage, elle est prête, il lui faut s’en aller. Cette mort annoncée, c’est à quoi va s’affronter la famille, mais aussi sa petite-fille, Elsa Quinette, réalisatrice, et la nécessité de son film. Celui-ci va emprunter deux voies, et alterner leurs avancées. Autrement dit, donner au deuil anticipé une réponse articulée, ouverte : une réponse de montage.
D’une part, accompagner avec affection cette vieille dame entourée de ses proches, enregistrer l’amour partagé à haute voix jusqu’aux lisières de la vie, suivre par exemple le fils aîné, exorciser peur et affliction en un étrange moment théâtral, tout d’humour noir cathartique. D’autre part, s’autoriser d’un large détour, suivre son frère photographe collecter des images de visages ailleurs, vers une autre emphase du trépas, vers d’autres rites, aux Ghâts de Bénarès en Inde, dans ces lieux où la mort s’affiche crûment au milieu du quotidien.
Tout au long de cette double traversée vers l’inconnu, aucun savoir ne s’acquiert, aucun secret n’est révélé, ni la douleur surmontée. Ce qui se découvre plutôt, sourdement, lentement, sans assurance même, c’est que la logique du montage qui séparait l’ici et le là-bas, la France et l’Inde, l’avant du trépas et son après, il revient de l’appliquer, cette loi de la division, à l’intérieur de chaque événement, lieu ou temps. Ni une sagesse, ni une pratique, une suite d’éblouissements."
(Jean-Pierre Rehm, FID Marseille 2011)

"Baboussia, grandmother’s nickname, has had a good innings. She wants to go now, she openly admits as much to those close to her, she is ready, it’s time to go. This declaration of death is what her family have to come to terms with, including her grand-daughter, Elsa Quinette, a film-maker, hence her need to make her film. This takes two directions that alternate in their progression. In other words, making an open, articulate response to an anticipated mourning process: editing being the answer. On one hand affectionately accompanying this old woman surrounded by her loved ones, recording shared love out loud on the edge of life, following, for example, the eldest son exorcising his fear and distress in a theatrical scene full of cathartic black humour. On the other hand, giving herself scope for tangents, going with her photographer brother to collect images of faces from elsewhere, another final flourish, amidst other rituals on the ghats in Benares in India, where death is crudely displayed as part of everyday life. Throughout this double journey into the unknown, no knowledge is acquired, no secret revealved, or pain overcome. What is discovered rather, stealthily and slowly, even unassuredly, is the logic of editing that separates the close to and far away, France and India, the before and after passing away; it comes back to application and this law of division at the heart of each event in time or space. Neither wisdom nor practise, but a series of bedazzlements."
(Jean-Pierre Rehm, FID Marseille 2011)

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