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Kamen - Les Pierres
Kamen - The Stones
© Sister productIons
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  • Distributeur(s) :

    Sister Productions

  • Vidéothèque permanente, gérée par la Maison du documentaire, accessible sur place ou à distance et réservée exclusivement aux professionnels de l’audiovisuel.
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  • Depuis ses origines en 1978, le fonds Images de la Culture, géré directement par le CNC depuis 1996, constitue un outil privilégié pour la diffusion de la culture audiovisuelle en France. Le catalogue totalise aujourd’hui plus de 2700 œuvres documentaires.

Depuis plusieurs années, l’Église orthodoxe de la République serbe de Bosnie et les nationalistes serbes se construisent un passé fabriqué de toutes pièces. Dans la ville de Trebinje, à la pointe sud du pays, cela se traduit très concrètement par l’élévation d’églises bâties à l’image d’anciennes églises, l’exhumation de fausses ruines archéologiques et le démantèlement d’une forteresse austro-hongroise qui permet d’alimenter en pierres "authentiques" la construction, à l’est du pays, d’un faux village ancien qui va servir de décor de cinéma pour le prochain film d’Emir Kusturica avant de devenir un site touristique. Cette affaire de vieilles pierres est loin d’être anodine. Exhumer, transformer et déplacer les pierres renvoie à des déplacements qui ont bouleversé la Bosnie entre 1992 et 1995 : les viols, massacres et déportations massifs des populations bosniaques (musulmanes).
Le film part à la rencontre des acteurs de cete falsification et témoins de ces transformations à travers la visite de lieux de mémoires réels et falsifiés. Cette histoire où se disputent pouvoir et religions, nationalisme et mémoires individuelles renvoie aux tensions géopolitiques propres aux fondations de l'Europe. Elles en sont même le point aveugle. Kamen, terme qui signifie "pierre" en bosniaque, en serbe et en croate, interroge l’état d’une société d’après-guerre, qui établit ses nouveaux fondements nationaux et religieux sur un déni et un effacement de la mémoire d’un peuple, par la réécriture et la falsification de sa propre histoire.

Reconstructing the past: never before has this expression had such literal meaning as in the Republika Srpska, where religious and locals authorities engage, stone by stone, in a disturbing trafficking of remembrance following the 1992-95 war. The film opens to the sounds of a worksite. "If stones could speak…" regrets Hussein, an imam who is manually rebuilding a demolished mosque. But the silence of stones allows not only deceitful archaeology but also the construction of a film set.
Whether with Amela, the sole archivist recording traces of the genocide for The Hague’s ICJ, or the astounding testimony of a couple of Bosnian teachers living in exile in the Netherlands and who return to Trebinje each summer, Kamen abstains from the parallel editing of dialogues and fabricating their debate in post-production. Each “block” stands alone but also represents a facet of the falsification of History and a small attempt to stem its tide. Kamengrad, the village recently built by Emir Kusturica, who will Þrst inaugurate it as a cultural and tourist centre and probably as a film set, initially appears as a ridiculous, spectacular and amusing analogue.
But as Lazar places the guided tour of the village after the archivist’s testimony, she has us view Kusturica’s megalomania with a very different eye. "Noah’s ark, I tell you!" concludes the guide of this future tourist site, pointing up an architectural syncretism that evacuates a whole swathe of Bosnian culture through the biblical myth. (Charlotte Garson, FIDMarseille, 2014)

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