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William Cliff, poète
COMMENT VISIONNER CE FILM ?

Un film peut-il faire entendre la poésie ? C'est la question de "William Cliff, poète" qui condense l'image autour du poète pour en faire jaillir cette poésie si charnue, de souffle et de rocaille, cette langue aussi familière qu'insoupçonnée. Cliff y lit ses propres textes. Dans un premier temps, autobiographique, il se raconte ; dans un second temps, biographique, il raconte un ami écrivain, Conrad Detrez, mort du sida. Entre-temps, la poésie aura voyagé sur d'autres bouches, par la chanson (Arno a mis en musique l'un des poèmes et le chante), par des traducteurs qui disent des fragments dans leur langue (arabe, yiddish, espagnol, catalan, flamand), par un enfant qui récite de mémoire, par une traductrice gestuelle qui alterne silences et bruits de corps. Par la destruction physique du livre, enfin : le passage au pilon est un autodafé autorisé par les lois du marché. Tandis que cette voix de rimes, d'allitérations et de vers nous sera devenue naturelle...

Can a film make poetry be heard ? This is the question of "William Cliff, poet" which condenses its image around the poet in order to make his poetry flow out, fleshy, made of breath and loose stones, a language as familiar as unsuspected. Cliff reads here his own writings. At first, autobiographic, he talks about himself ; subsequently, biographical, he tells about a fellow writer, Conrad Detrez, who died of Aids. Meanwhile, his poetry will have travelled to other mouths, through songs (singer Arno set a poem to music and sings it himself), through translators who tell fragments in their own language (Arab, Yiddish, Spanish, Catalan, Flemish), through a child who recites by heart, through a sign language translator who alternates silences with noises from the body. And in the end through the physical destruction of the book : pulping a book is an autodafé authorised by the laws of the market. An by then, that voice of rimes, alliterations and verses will have become natural to us...