film-documentaire.fr | PORTAIL DU FILM DOCUMENTAIRE

img img
Il Canto del mare
Call of the Ocean
© Les Autres Films
1/1
AUTEUR(S)-RÉALISATEUR(S)

Claudia Neubern

IMAGE

Antoine Héberlé

SON

Lucas Héberlé, Lucas Héberlé, Gilles Cabau

MONTAGE

Catherine Catella, Gilles Cabau, Eve Le Cardonnel

PRODUCTION / DIFFUSION

Les Autres Films

PARTICIPATION

Région Provence-Alpes-Côte d'Azur

ORGANISME(S) DÉTENTEUR(S) ou DÉPOSITAIRE(S)

Les Autres Films, Agence du court métrage

ISAN : non renseigné - en savoir plus
COMMENT VISIONNER CE FILM ?

Beauduc est un village éphémère posé sur le sable aux confins de la Camargue. Son accès difficile a préservé l'aspect sauvage du site. L'atteindre est un voyage qui peu à peu soustrait au monde : le passage du Rhône sur le bac, les petites routes, les manades de chevaux et de taureaux et enfin la piste sur la digue qui semble ouvrir les eaux pour nous conduire vers l’infini. Tout autour s’étend un vaste paysage d'étangs et de dunes entre ciel et mer. Au bout de ce chemin, il reste un hameau.
Après avoir compté plus de cent cabanons jusqu’aux années 90, il n’en reste aujourd’hui pas plus d’une soixantaine, sans aucun commerce, même pas une buvette. Cerné d’étangs, situé en retrait de la plage, il ressemble un village fantôme. Sa place centrale est un terrain vague, parfois inondé par les empleins - invasions régulières de la mer - et souvent désert. Il règne une forme d’anarchie dans l’architecture très personnalisée des cabanons faits de bric et de broc où la nature s’imbrique et s’intègre aux constructions. C’est un endroit où tout semble échapper à la maîtrise et au contrôle.
L’histoire du lieu est intrinsèquement liée aux pêcheurs, pionniers sur cette baie sablonneuse, formée il y a environ deux cents ans sur le delta du Rhône. Au XXe siècle, avec l'avènement des congés payés, une population éclectique les a rejoints sur cette côte d’immenses plages sauvages. Certains sont restés une nuit ou une saison et d’autres, toute une vie. Avec eux sont apparues des nouvelles formes d’abris : voitures, caravanes ou des bus réaménagés... Ainsi se sont dessinées peu à peu les formes atypiques de villégiature balnéaire du lieu.
Aujourd’hui le hameau se situe sur des terres appartenant au Conservatoire du littoral, au cœur du parc Régional de Camargue qui en a la gestion. Personne ne sera jamais propriétaire de "son toit ", mais l’autorité territoriale tolère l’occupation.
Au fil du temps, une communauté avec une forte identité s'est construite sur cet espace de liberté. Sans cesse sous la menace d’une expulsion, elle a su développer à la marge, une science du vivre ensemble en permanente recherche d’équilibre. C’est une terre de résistances. Cela ne va pas sans difficulté mais jusqu’à présent, cette utopie perdure et a 6 permis à une population modeste de trouver sa place au soleil. Une question majeure rassemble les gens de Beauduc. Cela concerne le maintien d’un art de vivre qui ignore superbement la conformité aux règles et le socialement correct. Il s’agit d’une intransigeance partagée, un état d’esprit rebelle, difficile à cerner.
L’âme indomptable du lieu, le grandiose de sa nature presque mythique, nous apprend à ressentir le temps et à s’en saisir pour vivre pleinement ce qui nous appartient. Le lieu déborde de poésie dans son désordre heureux. Chacun semble vivre ici une sorte de réalisation de soi, un bien être ordinaire, accessible et fugace mais toujours renouvelable. Et ô combien précieux !

Distinctions