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C'est ma vie qui me regarde
My Life is Face to Me
© Ana films
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COMMENT VISIONNER CE FILM ?
  • France | 2015 | 102 minutes | Digital vidéo
  • Un film de Damien Fritsch

Après avoir filmé des voisins européens dont les médias se sont depuis longtemps désintéressés (Sarajeviens, sorti en juin 2014), Damien Fritsch filme une autre voisine, plus proche et plus solitaire encore : la sienne. Quand le film commence, la maison de l’octogénaire a tout d’une ruine à l’intérieur. Des hommes viennent déblayer la pièce où Alice, veuve depuis peu, prend les repas que lui sert une aide-ménagère. Les couches de poussière soulevées virevoltent autour d’elle tandis qu’un nettoyeur extrait d’une pièce un matelas décomposé. Une écoute rare émane de celui que l’on devine de plus en plus acteur de la vie d’Alice plutôt que simple observateur. La rénovation progressive de la maison avec l’aide du voisin/cinéaste s’accompagne de l’émergence d’un récit de vie – des bribes émouvantes, fluctuant au gré des trous de mémoire. "C’est ma vie qui me regarde", une phrase énigmatique prononcée à la fenêtre, s’offre en résumé de l’état singulier du grand âge : comme dévisagée par la vie qu’elle a vécue, Alice semble attendre la mort sans pour autant avoir perdu le goût du sucré ou des "cibiches". Dans ce film d’intérieur qui rappelle formellement les boutiques des artisanes des "24 Portraits" d’Alain Cavalier, le travail sur le clair-obscur devient la forme lumineuse de l’attente d’un ultime franchissement de seuil. (Charlotte Garson

After filming European neighbours that have long lost the media’s interest (People of Sarajevo, released in June 2014), Damien Fritsch focuses on an even closer and more lonely neighbour: his own. When the film begins, the interior of the old lady’s house resembles a total ruin. Men come to clear the room where Alice, a recently widowed octogenarian, has her meals served by a home help. The disturbed layers of dust swirl around her whilst a cleaner removes a piece of rotting mattress from another room. The director who we guess has an increasingly active hand in Alice’s life rather than being a simple observer dis- plays a rare ability to listen. The gradual renovation of the house with the neighbour/film- maker’s help parallels the emergence of a life story—poignant snippets that fluctuate as memories ebb and flow. “It’s my life looking at me”—the enigmatic sentence spoken at the window summarises the singular state of great age: as if the life she has lived is staring at her, Alice seems to await death but still has an appetite for sweets and “fags”. In this indoor film, whose setting is redolent of the craftswomen’s shops in Alain Cavalier’s 24 Portraits, the work on chiaroscuro becomes a luminous form of wait- ing to make the final crossing of a threshold. (Charlotte Garson

Distinctions
  • 2015 : Traces de Vies - Clermont-Ferrand (France) - Prix Regard Social
  • 2015 : Cinéma du réel - Paris (France) - Prix des jeunes – Cinéma du réel & Prix des bibliothèques