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Schaslivyia Liudzi
Lucky People
© Studio Sonica
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AUTEUR(S)-RÉALISATEUR(S)

Victor Asliuk

IMAGE

Anatol Kazazaeu

SON

Uladzimir Mirashnichenka

MONTAGE

Victor Asliuk

PRODUCTION / DIFFUSION

Studio Sonica

ORGANISME(S) DÉTENTEUR(S) ou DÉPOSITAIRE(S)

Studio Sonica

ISAN : non renseigné - en savoir plus
COMMENT VISIONNER CE FILM ?
  • Biélorussie, Pologne | 2014 | 30 minutes
  • Un film de Victor Asliuk

À les voir travailler de l’aube à la nuit, à l’étable, au pré, au potager ou à la cuisine, qui pourrait croire que Yuri et Tamara Bajkous ne portent pas sur leurs épaules le fardeau d’une ruralité ancestrale et subie ? En fait, c’est délibérément qu’en 1989 ils ont quitté Saint-Pétersbourg pour un coin perdu de la forêt biélorusse, s’installant dans une hutte. Ce qui ne devait être qu’un abri temporaire dans l’attente de la construction de leur ferme est devenu leur maison, faute d’aide de l’État. Avec sa caméra qui sait quand il le faut prendre racine, Victor Asliuk filme les travaux et les jours à la fois dans leur ingénieux enchaînement ("J’ai rentré les canards. – Bravo ! Fais bouillir l’orge. Demain on ramassera les tomates…") et comme patinés par les vingt-cinq ans qui séparent l’arrivée du couple de son quotidien actuel (les douleurs de l’âge qui rendent la cueillette difficile). En une poignée de plans, les quatre éléments apparaissent dans leur force générique, dégagée des circonstances, et la chronique, sans le moindre soupçon de folklore, tend vers l’imagier. Ou vers le mythe : entre arche de Noé (chaque bête a un nom) et paradis dont Adam et Eve n’auraient jamais été chassés. À tel point que quand le couple traverse la rivière pour aller vendre un mouton, le cinéaste choisit de ne pas le suivre. On se demande même s’il n’y est pas encore. (Charlotte Garson

To see them working from dawn until dusk, in the stable, the fields, the vegetable garden or kitchen, one cannot help thinking that Yuri and Tamara Bajkous are carrying on their shoulders the burden of an ancestral and harrowing rurality. Yet in 1989, they made the decision to leave Saint Petersburg to settle in a cabin in a remote corner of the Belarussian forest. What was to be a temporary shelter until their farm was built became their home, for lack of State assistance. Victor Asliuk’s camera, which knows just when to take root, films chores and days as they seamlessly follow on ("I’ve brought the ducks in. – Well done! Boil up some barley. Tomorrow we’ll pick the tomatoes…") as if weathered by the twenty-five years spanning the couple’s arrival and their cur- rent quotidian (the aches of old age that make harvesting difficult). In a handful of shots, the four elements appear with a generic force that surpasses circumstance, while the chronicle becomes a sort of picture book in which there is no hint of caricature. Or takes on a mythical dimension: between Noah’s ark (each animal has a name) and a paradise from which Adam and Eve were never banished. To the point that when the couple crosses the river to go and sell a sheep, the filmmaker chooses not to follow them. We wonder whether he might still be there. (Charlotte Garson

Distinctions
  • 2015 : Cinéma du réel - Paris (France) - Compétition Internationale courts métrages