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Field Niggas
© Khalik Allah
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AUTEUR(S)-RÉALISATEUR(S)

Khalik Allah

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Khalik Allah

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Khalik Allah

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Khalik Allah

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Khalik Allah

ORGANISME(S) DÉTENTEUR(S) ou DÉPOSITAIRE(S)

Khalik Allah

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COMMENT VISIONNER CE FILM ?
  • États-Unis | 2014 | 60 minutes | HD
  • Un film de Khalik Allah

Extérieur nuit, au coin de la 125e et Lexington Avenue, Harlem. Khalik Allah, photographe dans la lignée de Bruce Davidson, y filme ceux qu’il rencontre, leurs récits jetés, scandés, leurs invectives, les gestes, capte les corps et les visages. Noirs dans leur très grande majorité. L’image qu’il obtient ne ressemble en rien à celles que peignent d’ordinaire les medias de ce monde nocturne de sans-logis, de junkies, pauvres des pauvres qui au mieux indiffèrent et plus souvent font peur. Couleurs saturées, usage du ralenti, profondeur des contrastes : Khalik Allah donne à ses personnages une beauté fascinante. D’une figure à l’autre se dessine un portrait collectif, épique, où voix et corps disjoints construisent l’espace polyphonique d’une destinée commune. Ces "Field Niggas" apparaissent dès lors comme un écho contemporain aux "field negroes" évoqués par Malcolm X, ces esclaves qui refusaient toute allégeance ou proximité avec leur maîtres, par opposition à la minorité des "house negroes". Lecture encore actuelle ? Tel est l’enjeu autant que le programme du film, alors que les récents meurtres de noirs par des policiers blancs – qui les justifient par la peur – rappellent que les États-Unis n’en ont pas fini avec le racisme. La vidéo de la mort d’Eric Garner, corps étranger dont la laideur jure au milieu de ce monde nocturne et quasi maniériste construit par Khalik Allah, trouve alors tout son sens dans un film qui proclame avant tout la fragilité de ceux à qui il donne la parole.
(Nicolas Féodoroff, FIDMarseille 2015)

Exterior at night, at the corner of 125th and Lexington Avenue in Harlem. Khalik Allah, a photographer in the tradition of Bruce Davidson, films those he meets, their spat-out or chanted stories, their invectives and gestures, and captures the bodies and faces. Most are black. The image he gets bears no resemblance to those usually painted by the media (which are at best indifferent and often scary) of this nocturnal world that includes the homeless, junkies and the poorest of the poor. By employing saturated colours, slow motion and deep contrast, Khalik Allah gives his characters a fascinating beauty. From one figure to the next a collective epic portrait emerges in which voices and disjointed bodies construct polyphonic spaces of shared destiny. These Field Niggas therefore appear as a contemporary echo of the "field negroes" evoked by Malcolm X, those slaves who refused any allegiance or proximity to their masters, in opposition to the minority of house Negroes. Is this reading still current? This is the issue as well as the programme of the fi lm, while recent murders of blacks by white police officers – who justify them with fear – are a reminder that the United States has not seen the end of racism. The video of the death of Eric Garner, a foreign body whose ugliness amid the nocturnal, almost mannerist world constructed by Khalik Allah, thus fi nds its meaning in a film that proclaims above all the fragility of those to whom he gives voice.
(Nicolas Féodoroff, FIDMarseille 2015)

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